Coopération linguistique et éducative

Objectif : consolider la place dans le système éducatif libanais

Le Document Cadre de Partenariat entre la France et le Liban 2008-2012 place au cœur de la stratégie de coopération franco-libanaise l’appui à la francophonie dans le cadre d’une économie de la connaissance et de la culture. La mission du secteur de la coopération linguistique et éducative (CLE) est, dans ce cadre, d’apporter un soutien accru à la diffusion de la langue française en tant que langue d’enseignement dans le système éducatif libanais, du préscolaire à l’enseignement supérieur.
Le système éducatif libanais est structurellement bilingue (soit francophone, soit anglophone), 600 000 élèves sur 900 000 étant scolarisés dans des écoles francophones publiques et privées, au sein desquelles l’enseignement des mathématiques et des sciences est assuré en français. L’objectif de l’Ambassade est de développer l’attractivité des établissements scolaires privés et publics francophones.

Trois axes d’intervention

Afin d’atteindre cet objectif, un programme diversifié incluant trois volets a été mis en place :

  • Renforcer les compétences linguistiques des enseignants de français et en français

Parallèlement aux actions développées dans le secteur privé, un accord a été signé avec le Ministère de l’éducation en juillet 2007 pour permettre une évaluation nationale des compétences linguistiques des enseignants de français et de sciences du secteur public et de proposer des sessions de formation débouchant sur des certifications (DELF-DALF). 600 professeurs ont été certifiés à ce jour et un réseau de 30 formateurs DELF-DALF libanais a été créé.

  • Améliorer la qualité de l’enseignement du français et en français

A cette fin, nous organisons chaque année (en partenariat avec le Ministère de l’éducation et les bureaux pédagogiques privés) une centaine de stages pédagogiques et des séminaires encadrés par des formateurs français sur des thématiques où notre expertise est utile aux formateurs de formateurs libanais : didactique convergente français-arabe, plurilinguisme scolaire, apprentissage du français précoce, enseignement des langues et Cadre Européen Commun de référence, enseignement des sciences dans une approche expérimentale…

Nous appuyons par ailleurs les écoles s’étant engagés dans une démarche de projet d’établissement et ayant placé le français au cœur de ce projet (87 écoles publiques et 52 écoles privées) : dotation pour les bibliothèques et organisation de stages au Liban et en France. 190 directeurs ou coordinateurs de français se sont rendus au CIEP depuis 2007.

L’amélioration de la formation initiale des futurs enseignants au sein des universités est également prioritaire. A été mis en place un ’’programme d’appui à la rénovation de l’enseignement du français et en français’’ (FSP de 3,2 millions d’Euros) au sein de l’Université Libanaise, seule institution publique d’enseignement supérieur avec près de 80 000 étudiants. Un appui est également apporté, en partenariat étroit avec l’Agence Universitaire de la Francophonie (AUF) aux départements de français des facultés des lettres et aux facultés de pédagogie des universités privées.

  • Promouvoir un environnement scolaire francophone

Il est indispensable de renforcer, en partenariat très étroit avec le réseau des 9 sites de l’Institut français du pays, l’environnement francophone permettant aux professeurs, aux étudiants et aux élèves de pratiquer la langue française hors les murs de la classe et de promouvoir une approche moins académique de la langue.

Nous soutenons un festival de théâtre scolaire, un festival de conte, la diffusion d’expositions dans le réseau scolaire et universitaire et organisons un rallye mathématiques, un rallye scientifique, des cafés pédagogiques, des concours, la rencontre d’auteurs avec des étudiants et élèves dans le cadre du Salon du livre ainsi que des visites scolaires de ce salon, les tournées de spectacles à destination du jeune public, des « ciné clubs »…

Cette promotion de l’environnement scolaire francophone est en particulier renforcée chaque année lors du mois de la francophonie. En 20010, le traditionnel concours des « 10 mots de la Francophonie » a été généralisé à l’ensemble du pays et à toutes les institutions (écoles, universités, bibliothèques publiques), 4 000 enfants ont participé à un concours nommé « Défikasamasa », 300 « mallettes francophonie » ont été diffusés suite à un partenariat entre 10 Ambassades francophones présentes au Liban et l’Organisation Internationale de la Francophonie. Un jeu de société à caractère éducatif, dont le plateau est une mappemonde de la Francophonie, a spécialement été créé à cette occasion. Ce sont en tout plus de 60 événements qui sont organisés chaque année par cette Ambassade.

Le « Pacte linguistique » francophone, une priorité de ce poste

Le 23 octobre dernier, à l’occasion du Sommet de la Francophonie de Montreux, le Liban a signé un Pacte linguistique par lequel les autorités libanaises ont affirmé leur attachement à la présence du français dans le pays et se sont engagées à la renforcer par une série de mesures. La France a décidé d’appuyer le Liban dans la mise en œuvre de ce Pacte au moyen d’un Fonds spécial prioritaire (FSP) d’un montant total de 1 Million d’Euros, ce dès septembre 2011 et pour une durée de 3 ans.

Trois axes sont définis qui sont strictement accolés au plan d’action des autorités libanaises :

  • Une composante Education, qui visera à soutenir la présence et la qualité du français dans le système éducatif libanais, public et privé confondus, notamment à travers des actions de formation destinées aux publics des enseignants et des formateurs.
  • Une composante Administration publique, qui aura pour objectif d’assurer la présence de la langue française dans 7 administrations clés : la Justice, les Affaires étrangères, la Culture, les Finances, le Tourisme, l’Intérieur, la Défense.
  • Une composante Environnement francophone, qui aura pour objet d’une part de soutenir la présence de la langue dans les médias et sur Internet, d’autre part de donner de la langue française une image à la fois plus contemporaine et plus axée sur le monde professionnel.

Le travail qui s’engage, qui fera l’objet de partenariats très soudés avec les principales instances décisionnaires du pays (Ministère de l’Éducation et de l’Enseignement Supérieur, CRDP, Ministère de la Culture, etc.), représente un enjeu important pour la présence de la langue française sur le territoire.

Dernière modification : 06/07/2011

Haut de page