Coopération décentralisée entre la Vallée de l’Hérault et la région de Baalbek

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Retrouvez le discours de M. Arnaud Pescheux, Chargé d’affaires a.i., à l’occasion du séminaire de lancement du Plan stratégique de développement local de la Fédération de municipalités de Baalbek 2015-2030 :

Monsieur le Ministre de l’Industrie,
Madame la Coordonnatrice spéciale des Nations unies pour le Liban,
Monsieur le Président de la Communauté de communes de la vallée de l’Hérault,
Monsieur le Président de la Fédération des municipalités de Baalbek,
Messieurs les Ministres et les Députés,
Mesdames et Messieurs les représentants du corps diplomatique,
Mesdames et Messieurs,

Je vous remercie de votre invitation à ce séminaire, qui récompense votre implication dans ce projet depuis près de trois ans.

Ce plan stratégique est emblématique de la coopération entre nos deux pays, qu’il s’agisse de son contenu ou de la méthode ayant présidé à son élaboration.

Je voudrais profiter de notre réunion pour revenir sur trois aspects essentiels d’un développement durable et inclusif, trois aspects que votre partenariat illustre de manière particulièrement éclatante : la coopération, le patrimoine, les institutions.

La coopération, d’abord

Vous avez voulu, Messieurs les Présidents, faire émerger une stratégie de développement équilibré et inclusif en rassemblant tous les acteurs des municipalités de Baalbek.

Pour atteindre cet objectif, vous avez fait le choix résolu d’une démarche de coopération. Vous avez mené un vaste programme de consultations, qui vous a permis d’identifier les formes de concertation les plus adaptées, les infrastructures nécessaires et les services attendus par les populations.

Cette méthode vous a permis de tirer profit des compétences de tous les acteurs pertinents. Je pense notamment aux universités, en particulier à la Faculté d’agronomie de l’Université libanaise, qui a fourni, en lien avec l’Institut agronomique méditerranéen de Montpellier, les études qui vous ont permis de mieux identifier les dynamiques qui animent ce territoire.

Coopération entre acteurs locaux, donc, mais aussi coopération entre nos deux pays. Dans ce domaine, les collectivités françaises vous ont aidés et continueront de vous accompagner.

Depuis près de 30 ans, elles ont fait la preuve de leur capacité à organiser des services publics de proximité adaptés. Ce rôle de « chef de file » a été renforcé par la réforme territoriale récente, qui a fait de l’échelon intercommunal l’acteur de référence du développement local.

Face aux mêmes défis, les pouvoirs locaux élaborent des instruments comparables. Ils le font d’autant mieux qu’ils coopèrent. La coopération décentralisée permet de démultiplier « l’effet de levier » de vos initiatives. Les organismes spécialisés, comme Cité unies et le Bureau technique des villes libanaises, offrent une expertise bienvenue, sans laquelle ces projets ne pourraient pas franchir les frontières.

Mesdames et Messieurs,

Deuxième enjeu, le patrimoine

Pour un observateur mal informé, une telle coopération entre l’Hérault et la Bekaa pourrait paraître surprenante, voir exotique.

Les similitudes sont pourtant frappantes. Entre Saint-Guilhem-le-Désert et Héliopolis, entre le Grand site de France et le Patrimoine mondial de l’UNESCO, il y a trois mille kilomètres et quelques siècles, c’est vrai, mais il y aussi la conscience partagée d’un héritage à défendre et à faire vivre. Vous représentez deux territoires inscrits dans des cadres naturels d’exception et possédant des patrimoines culturels de tout premier plan.

La plaine de la Békaa dispose, en effet, d’un potentiel très important en matière de tourisme écologique, qu’il s’agisse des gorges de l’Oronte, du lac de Yammouné ou du col d’Aïnata. Pour sa part, la vallée de l’Hérault dispose d’une expertise confirmée dans ce domaine, qui s’appuie sur les expériences du réseau des Grand sites de France et de l’aménagement des gorges de l’Hérault.

Nature donc, mais aussi culture. La réhabilitation du Pont du diable, dans l’Hérault, et votre projet d’un Musée du patrimoine et des arts anciens, à Baalbek, démontrent que le patrimoine n’est pas qu’un hommage au passé. Il est aussi un projet d’avenir, un instrument de rayonnement culturel et un vecteur de développement économique.

En conjuguant mise en valeur du patrimoine et respect de l’environnement, vous avez, Messieurs les Présidents, ouvert la voie à une véritable « modernité rurale ».

Cet engagement est d’autant plus important qu’à 200 kilomètres de cet hôtel, sur les ruines de Palmyre, la légende millénaire de la Reine Zénobie est dramatiquement arrachée aux peuples du Levant par l’ignorance, par l’aveuglement et par la violence.

Mesdames et Messieurs,

N’oublions pas les institutions, sans lesquelles, disait Jean Monnet, père de l’Europe, « rien n’est durable »

Vous êtes, Messieurs les Présidents, à l’avant-garde de la transformation de nos institutions. Vous l’êtes à deux titres.

D’abord, vos initiatives enrichissent l’éventail traditionnel de l’action extérieure des Etats et de la diplomatie classique. Elles contribuent à donner une nouvelle dimension aux liens qui unissent nos deux pays en leur permettant de s’ancrer et de s’épanouir au cœur de nos territoires. Ce mouvement doit s’amplifier pour passer à une véritable logique de réseaux.

D’autre part, c’est dans les collectivités locales que se joue d’abord la participation des citoyens à la définition et à la mise en œuvre des politiques publiques.

Il s’agit d’une dimension particulièrement forte au Liban, alors que la crise institutionnelle affecte chaque jour un peu plus le fonctionnement des services publics les plus essentiels et risque d’accroitre les tensions en détournant les citoyens du « vivre ensemble ».

Vos projets s’opposent à la fragmentation du corps social et peuvent promouvoir un « développement équilibré » de la société libanaise. Les élections municipales offriront d’ailleurs bientôt une preuve éclatante de l’engagement démocratique des citoyens libanais.

Monsieur le Président de la Communauté de communes de la vallée de l’Hérault, Monsieur le Président de la Fédération des municipalités de Baalbek,

Je vous souhaite de poursuivre et d’approfondir votre coopération, pour préserver et valoriser votre patrimoine et pour contribuer à l’évolution des institutions.

Trois défis que nous devons relever pour nous adapter au monde moderne. Trois défis que nous ne pourrons pas relever sans les municipalités.

Dans cette entreprise, vous pouvez compter sur le soutien de la France et sur la force de l’amitié franco-libanaise.
Je vous remercie de votre attention.

Dernière modification : 07/03/2016

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