Conférene "Les Rendez-vous du savoir"-Partenariat USJ - Salle Montaigne (17/05/2006)

Monsieur le Recteur,
Monsieur le Professeur au Collège de France,
Madame la Directrice de l’Institut de Sciences politiques,
Mesdames et Messieurs,
Chers Amis,

Je vous souhaite la bienvenue au Théâtre Montaigne où nous nous retrouvons pour la quatrième édition des ‘Rendez vous du savoir’, ce cycle mensuel de conférences de haut niveau, voulu et organisé par l’Ambassade de France.

Nous avons souhaité faire de ces Rendez-vous une enceinte de dialogue et de questionnement, où prévalent liberté de ton et respect de l’autre, ces deux valeurs portées par la France, qui fondent la base du dialogue des cultures, et auxquelles nous sommes tous si collectivement attachés. Notre souhait est aussi qu’au fil de ces conférences, la réflexion française sur de grands débats contemporains, dans des domaines aussi variés que la science, l’histoire et la philosophie, puisse éclairer des questionnements plus internes, ici, au Liban.

C’est pourquoi il nous a semblé essentiel, pour chaque édition, dans un esprit de coopération, d’associer une institution libanaise, représentée par une personnalité qui puisse introduire la conférence et nourrir un dialogue avec la personnalité invitée.

Dans cet esprit d’échange, nous avons souhaité que ces ‘Rendez-vous du savoir’ puissent s’appuyer pour partie sur un partenariat formalisé unissant l’Université Saint-Joseph et le Collège de France. C’était déjà dans le cadre de ce partenariat que l’historien et Académicien Jean Delumeau était venu en mars dernier nous éclairer sur l’histoire du Paradis. C’est de nouveau dans ce cadre que j’ai le plaisir d’accueillir ce soir le Professeur Henry LAURENS, titulaire de la Chaire d’Histoire contemporaine du monde arabe du Collège de France.

Nous avons souhaité bien sûr soutenir ce partenariat privilégié entre l’Université Saint-Joseph et le Collège de France. Je me réjouis de la signature de cette convention entre l’Université Saint-Joseph et l’Ambassade de France qui ouvre la voie à la venue régulière au Liban de Professeurs du Collège de France. Elle promet bien des perspectives de leçons et de débat d’excellence, de dialogue intellectuel et aussi, de passionnantes éditions futures de nos‘Rendez-vous du savoir’.

Je salue notre éminent partenaire dans cette opération, l’Université Saint-Joseph, et vous redire avec force, Monsieur le Recteur, la grande estime dans laquelle mon pays tient sa relation de coopération plus que centenaire avec votre université, cette dynamique institution qui participe pleinement au débat d’idées comme à la formation des élites du Liban.

Institution singulière, dont les origines remontent au règne de François Ier, le Collège de France occupe de son côté une situation à part dans la recherche fondamentale et l’enseignement supérieur français.
Le Collège de France n’est effet ni une université, ni une Grande École. Il ne prépare à aucun diplôme. Dans le cadre de leçons ouvertes à tous et gratuites, les professeurs du Collège sont tenus d’enseigner « le savoir en train de se faire », plutôt que de se tenir à un programme défini à l’avance. Des personnalités aussi illustres que Renan, Michelet, Bergson, Dumézil, Lévi-Strauss, Foucault, Bourdieu, ou Paul Ricœur, ont accompagné l’histoire de cette institution d’exception, et ont su y mûrir leur réflexion et y épanouir leurs recherches.
Les professeurs titulaires du Collège, répartis au sein de quelques 52 chaires d’enseignement, ont de tout temps représenté ce que la France incarnait de meilleur dans chacune des disciplines qui y sont enseignées. C’est dans ce contexte résolument interdisciplinaire que se tisse, au fil des années, un large panorama de notre savoir contemporain.
Tous les champs disciplinaires sont concernés qui vont des mathématiques à l’étude des grandes civilisations, en passant par la physique, la chimie, la biologie et la médecine, la philosophie, la sociologie et l’économie, la préhistoire, l’archéologie et l’histoire ou la linguistique.
Espace de liberté marqué par les plus hautes exigences intellectuelles, le Collège de France ne cesse en cela de vérifier ce mot de l’un de ses illustres professeurs, Maurice Merleau-Ponty qui disait que : « ce que le Collège de France, depuis sa fondation, est chargé de donner à ses auditeurs, ce ne sont pas des vérités acquises, c’est l’idée d’une recherche libre ».
Une démocratie vivante ne peut se concevoir sans lieux de débats et de réflexion. La démocratisation des savoirs importe donc plus que jamais. Il est essentiel que le lien entre le savoir et le grand public, entre la recherche et la société, ne soit jamais rompu, ou soit renoué.

Et parce que telle est aussi notre ambition avec ces "Rendez-vous du Savoir", c’est bien à cette mission que l’Ambassade convie le Collège de France et l’Université Saint-Joseph, ces institutions qui se sont toujours signalées par leur volonté de démocratiser le savoir et de s’inscrire au sein du débat public.

Aussi, suis-je particulièrement heureux d’accueillir M. Henry LAURENS, Beyrouthin de cœur dont nous connaissons tous l’expérience immense de cette région du monde et l’érudition.

Mais avant de laisser à Madame Fadia KIWAN le soin de vous le présenter, je vous propose, Monsieur le Recteur, que nous procédions sans plus tarder à la signature de cette convention./.

Dernière modification : 17/01/2007

Haut de page