Colloque de l’Université Saint Joseph "Sanctuaires du Proche-Orient hellénistique et romain », les 26 et 27 avril 2007

Cher Père Recteur,
Monsieur le Directeur général des Antiquités,
Madame la Directrice de la Bibliothèque orientale,
Monsieur le Directeur de l’IFPO,
Monsieur le Directeur du Musée de la Préhistoire,
Mesdames et Messieurs les chercheurs,
Chers amis,

C’est un grand plaisir d’être des vôtres aujourd’hui à l’occasion de ce séminaire consacré aux « Sanctuaires du Proche-Orient hellénistique et romain », et organisé dans le cadre du centenaire de la publication des « Mélanges » de l’Université Saint Joseph.

Vous allez évoquer, à l’occasion de ce colloque, l’un des éléments les plus visibles et les plus remarquables du patrimoine libanais, et qui fait d’ailleurs l’un de ses charmes : la multiplicité des vestiges de temples antiques que l’on retrouve à travers tout le pays, quel que soit le chemin que l’on emprunte. Il y a bien sûr les temples et les sanctuaires des grands sites (Baalbek, Afqa, le sanctuaire d’Echmoun à Sidon), dont la célébrité a dépassé dès l’Antiquité les frontières du Liban, mais aussi toute une multitude de temples plus modestes mais non moins intéressants, qui parsèment en particulier la montagne libanaise.
Ces temples ont un double caractère que ce colloque devrait contribuer à mieux définir : on y reconnaît bien sûr une puissante influence gréco-romaine, mais ils sont aussi l’expression de traditions purement locales, elles-mêmes diverses et complexes.

Ces monuments, de par leur visibilité, n’ont d’ailleurs pas manqué de longue date d’intéresser les savants, et une histoire scientifique impressionnante est attachée à leur étude, depuis les voyageurs du XVIIe siècle jusqu’aux chercheurs d’aujourd’hui.
On mentionnera ainsi particulièrement :
- les travaux d’Ernest Renan, à partir duquel ont débuté les publications réellement scientifiques à la fin du XIXe siècle ;
- les nombreux travaux des Jésuites de l’Université Saint-Joseph ;
- les contributions essentielles des savants allemands dans les études architecturales et dans les recherches menées à Baalbek ;
- la tradition poursuivie à l’époque du Mandat et au-delà par les grands noms de l’archéologie française : Henri Seyrig (le fondateur de l’Institut français d’archéologie de Beyrouth), Maurice Dunand (le fouilleur de Byblos), Pierre Coupel, entre autres ;
- la forte implication dans ces recherches de l’Institut français d’archéologie du Proche-Orient, devenu aujourd’hui Institut français du Proche-Orient ;
- ainsi que les nombreux travaux de la Direction générale des Antiquités, depuis l’époque de l’émir Maurice Chéab jusqu’à aujourd’hui.
La guerre civile avait malheureusement contraint à l’arrêt de ces activités de recherche et de mise en valeur pendant de nombreuses années. Je suis heureux de constater qu’on assiste depuis peu à un certain renouveau dans ce domaine, avec la reprise progressive des études de sites à partir de la documentation accumulée dans les années d’avant-guerre, avec la reprise des travaux allemands à Baalbek et avec la publication de la documentation archéologique et épigraphique accumulée jusqu’ici.
De nouvelles opérations de terrain ont également été lancées dès la fin des années 1990, notamment les fouilles nouvelles menées dans les sanctuaires de la montagne par deux équipes de recherche qui nous sont proches :
- une équipe libano-polono-française sur le sanctuaire de Chhim (prononcer Chrim), sous la direction de Tomasz Walizjewski ;
- une équipe libano-française sur le site de Yanouh, sous la direction de Paul-Louis Gatier.
C’est sur l’ensemble de ces sites que votre colloque devrait faire le point au cours des deux journées à venir. Cette rencontre constitue la 4e d’une série consacrée aux sanctuaires du Proche-Orient hellénistique et romain, dont deux se sont déjà tenues à Lyon et une à Beyrouth les années passées. Je note toutefois que c’est la première entièrement consacrée aux temples et sanctuaires du Liban.

Je souhaite réaffirmer aujourd’hui mon entier soutien à cette coopération qui réunit ces trois ensembles complémentaires que sont :
- les structures universitaires locales, notamment en l’espèce l’Université Saint-Joseph ;
- les autorités responsables en charge du patrimoine archéologique libanais, en l’occurrence la Direction générale des Antiquités, dont je salue ici le responsable, M. Frédéric Husseini ;
- la communauté des chercheurs français passionnés par l’histoire et l’archéologie du Liban, notamment les chercheurs de la Maison de l’Orient à Lyon ainsi que l’IFPO qui leur sert de relais au Liban.

Je souhaite également vous dire ici à quel point nous sommes attachés à faire en sorte que puissent se poursuivre les travaux de recherche, de coopération et de formation dans le domaine archéologique, malgré les aléas d’un contexte politique difficile, qui ne saurait entamer des liens d’amitié et de confiance, ce goût du travail en commun, qui nous unissent et qui remontent à si loin. Tout en prenant toutes les précautions nécessaires en matière de sécurité, il essentiel que le travail de terrain se poursuive, tant il est vrai qu’il ne saurait y avoir de mise en valeur du patrimoine sans maintien d’une recherche « vive ».

Je tiens enfin à saluer le caractère très international de ce colloque et de ses participants, mais aussi la place particulière faite aux jeunes générations dans le programme de vos communications, qui montre bien que la relève est d’ores et déjà assurée.
Permettez-moi enfin de rendre un hommage à une personnalité rare, dont je tiens à saluer la présence parmi nous aujourd’hui, et qui fait figure de maître pour tous les jeunes chercheurs rassemblés ici : je veux parler de M. Jean-Paul Rey-Coquais, grand épigraphiste, historien de l’Antiquité et historien des religions, à qui nous devons notamment une remarquable publication des inscriptions grecques et latines découvertes dans les fouilles de Tyr. Je sais, Monsieur le Professeur, que les participants à ce colloque auront, à l’issue de celui-ci, l’occasion de vous dire toute leur gratitude, mais je voulais dès aujourd’hui vous exprimer nos remerciements pour votre attachement passionné à ce pays et à son histoire.

Merci de votre accueil et un grand succès pour vos travaux./.

Dernière modification : 28/04/2007

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