Colloque "Le management dans l’Espace méditerranéen : modèles et pratiques" - ESA (09/06/2006)

Monsieur le Ministre,
Monsieur le Gouverneur,
Monsieur le Directeur,
Mesdames et Messieurs,
Mes chers amis venus de tout notre monde méditerranéen,

C’est pour moi un très grand plaisir de me retrouver ici à l’Ecole Supérieure des Affaires, pour inaugurer le 1er colloque international du Réseau Méditerranéen des Ecoles de Management "Le Management dans l’Espace méditerranéen : modèles et pratiques".

Le 10ème anniversaire de l’ESA me donne l’occasion de rappeler la très grande réussite et l’exemplarité de cette coopération franco-libanaise. Née en 1996 par la volonté conjointe du Président de la République française, M. Jacques CHIRAC, et du Président du Conseil des Ministres de l’époque, M. Rafic HARIRI, elle n’a cessé de grandir et de s’épanouir au point de devenir un pôle de référence au Liban bien sûr, mais aussi plus récemment au Proche-Orient, dans la formation en gestion et en finance. Ce parcours remarquable est le fruit d’une volonté politique commune appuyée avec constance par le Conseil de surveillance et tout particulièrement le Gouverneur de la Banque Centrale, M. Riad SALAMÉ, dont je salue ici l’engagement, et mise en œuvre avec vision, détermination et ténacité par son directeur M. Roger OURSET.

Nous sommes aujourd’hui à une période clé de l’histoire de l’Ecole. Si le bilan des dix premières années est incontestablement impressionnant par le nombre et la qualité des formations dispensées, il nous faut maintenant songer à l’avenir et donner à notre établissement un souffle nouveau. L’ESA peut et doit avoir la capacité de rayonner encore plus et mieux, à la fois dans son environnement régional immédiat, mais aussi en Europe, grâce aux partenariats déjà noués avec un certain nombre d’établissements. Dans la grande compétition mondiale du savoir et de la connaissance, il faut utiliser à plein les nouvelles architectures de l’enseignement supérieur, et notamment le transfert des crédits, la mobilité des étudiants, et demain probablement celle des enseignants. Dans ce cadre, l’ESA a donc une carte majeure à jouer et a tous les atouts de la réussite en sa faveur. Mon pays mettra toute l’énergie possible, aux côtés de notre cher partenaire libanais comme des responsables de l’école, pour la réussite dans la durée de cette grande ambition commune.

Cette ambition, la France l’a également mise, depuis plus de 10 ans, au service du partenariat euro-méditerranéen, dont elle a été l’un des initiateurs en 1995. Depuis cette date et jusqu’au dernier Sommet de Barcelone qui a eu lieu en novembre dernier, la France n’a eu de cesse de renforcer et de consolider ce processus exemplaire, fondé sur l’égalité et le dialogue continu, qui, en dix ans, a conquis sa légitimité.

Aujourd’hui, un espace commun entre les deux rives de la Méditerranée s’est créé, riche de flux humains, économiques et culturels. Un dialogue de sécurité et de défense s’y déroule. Des accords d’association y ont été conclus, notamment avec le Liban, qui ont permis un début d’intégration régionale. D’importants moyens financiers ont été mis en œuvre.

Le Sommet de Barcelone de novembre de 2005, marquant le 10ème anniversaire de ce partenariat, a été l’occasion de réaffirmer haut et fort notre engagement collectif en faveur de ce grand projet mobilisateur qui vise à créer une synergie entre les volets politique, économique et culturel du processus, au service d’une dynamique de coopération et de réforme. Comme l’a alors indiqué le Président de la République, M. Jacques Chirac, "un pas de plus a été accompli vers notre objectif qui est de faire de la Méditerranée un trait d’union, et non pas une barrière, et pour avoir une aire de paix, de stabilité et de progrès, à la fois économique et humaine".

Plusieurs résultats ont été ainsi enregistrés dans des domaines divers : je citerais l’adoption du code de conduite sur le terrorisme, la mise au point des instruments nécessaires pour appuyer les réformes dans le domaine de la démocratie et des Droits de l’Homme, l’approbation du programme global en faveur de l’éducation et du dialogue des cultures ou encore la confirmation de l’engagement financier de l’Union européenne à l’égard de l’ensemble méditerranéen avec les nouvelles perspectives financières et le nouveau budget.

Plusieurs propositions ambitieuses y ont également été formulées telles que la création d’une banque euro-méditerranéenne pour le développement et divers projets indispensables de co-développement.

Le Sommet a également été l’occasion de faire le point des besoins. J’insisterai à cet égard sur la dimension économique et commerciale qui nous intéresse plus spécifiquement aujourd’hui dans cette enceinte de l’ESA. L’ambition économique de la déclaration de Barcelone, "créer une zone de prospérité partagée" est celle qui a le plus progressé.

Mais les deux rives de la Méditerranée aspirent aujourd’hui à plus de croissance. L’ambition est de maîtriser le processus de mondialisation au service d’un développement durable porteur de création de richesses équitablement réparties. Il faut donc promouvoir les investissements, améliorer l’environnement des affaires, agir pour la formation, encourager les programmes de recherche et développer les initiatives renforçant la coopération et l’intégration sud-sud. C’est ainsi que nous parviendrons à terme à donner toute sa dimension à la communauté économique euro-méditerranéenne que nous appelons de nos vœux.

Mesdames et Messieurs,

Vous participez à l’accomplissement de ces objectifs collectifs. Votre colloque est aujourd’hui consacré au réseau méditerranéen des écoles de management. Avec cette thématique, vous êtes au cœur de ces enjeux. Dans l’espace euro-méditerranéen tel qu’il se construit, la France et le Liban peuvent, avec d’autres, constituer deux piliers essentiels de la formation intellectuelle et universitaire. Il s’agit ici d’utiliser la qualité des formations dispensées pour mettre en place un réseau de solidarité influent au profit de la connaissance, de la recherche et de l’économie. Les écoles de gestion et de finance, par le très haut niveau de formations qu’elles dispensent, participent pleinement à la définition euro-méditerranéenne d’un espace économique conçu comme performant et porteur de croissance.

C’est la raison pour laquelle votre colloque est porteur d’enjeux majeurs en termes de formations mais également de croissance économique, seuls susceptibles de répondre aux aspirations de nos sociétés. Je veux vous assurer ici de l’engagement sans faille de la France pour appuyer les filières d’excellence, et d’abord celles de la francophonie, afin que se constituent des deux côtés de la Méditerranée un dialogue et une coopération sans cesse plus approfondis et plus fructueux pour l’ensemble de nos pays.

Je vous remercie./.

Dernière modification : 17/01/2007

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