Cérémonie de remise du diplôme d’enseignement supérieur de journalisme francophone de l’Université Libanaise (1er février 2008)

Monsieur le Recteur de l’Université libanaise,
Monsieur le Doyen de la Faculté d’information et de documentation,
Mesdames et Messieurs les Professeurs,
Mesdames et Messieurs les Journalistes,
Chers Etudiants des 11e et 12e promotions du diplôme de journalisme francophone,
Chers Amis,

Je suis particulièrement heureux de vous accueillir ce soir dans les espaces de la Mission culturelle de l’Ambassade de France pour cette cérémonie de remise de diplômes, qui est pour nous l’occasion de marquer notre attachement fort à cette formation de journalistes francophones tout à fait unique.

Ce Diplôme d’enseignement supérieur (DES), nous l’avons créé ensemble il y a maintenant plus de 12 ans, en partenariat étroit avec l’Université libanaise, et plus particulièrement avec la Faculté d’information et de documentation, ainsi qu’avec deux opérateurs français de renom : l’IFP, Institut français de presse de l’Université Paris 2, et le CFPJ, Centre de formation et de perfectionnement des journalistes. Ensemble, nous avons imaginé et bâti une formation exigeante et de qualité, à la fois théorique et pratique. Une formation qui a depuis lors fait ses preuves et qui est aujourd’hui devenue une référence reconnue au Liban.

Au sein de ce programme, chaque partenaire contribue à sa manière au succès de l’ensemble :

- L’Université libanaise héberge et apporte son soutien matériel et administratif à l’organisation des enseignements, et je tiens à redire ici ce soir combien nous sommes heureux que cette formation - qui se veut ouverte à un public aussi diversifié que possible - soit ainsi localisée au sein même de la grande université publique du pays, espace privilégié de rencontre entre toutes les identités qui constituent le Liban ; l’UL prend également à sa charge les interventions des professionnels libanais, qui accompagnent tout au long de l’année le parcours des étudiants ;
- L’IFP apporte pour sa part la réflexion théorique nécessaire à une meilleure appréhension de cet univers des médias si complexe et en constante évolution, notamment du fait de la percée des nouvelles technologies comme internet qui sont venues bousculer les approches traditionnelles ;
- Le CFPJ, quant à lui, par l’intermédiaire des journalistes professionnels expérimentés qu’il fait venir régulièrement à Beyrouth, a pour mission de transmettre aux étudiants - et c’est l’une des grandes qualités de ce diplôme - une compétence pratique et de terrain, notamment sur les techniques de reportage et d’interview ;
- Enfin, le Service de coopération et d’action culturelle de l’Ambassade - outre le financement des intervenants venus de France - a joué jusqu’à présent le rôle d’ensemblier et assure la coordination de toutes ces interventions et de leur bon déroulement, malgré les contraintes du contexte sécuritaire qui nous conduisent parfois à reporter certaines missions d’enseignants comme cela a encore été le cas la semaine dernière ; je tiens d’ailleurs à saluer ce soir le rôle-clé pour le succès de ce diplôme que joue notre jeune journaliste volontaire internationale en charge de cette coordination, Mlle Perrine MOUTERDE, qui a repris avec beaucoup d’enthousiasme le travail formidable accompli par ses prédécesseuses, auxquelles nous pensons aussi ce soir.

D’après ce que j‘ai pu entendre dire, il semble que chacune des sessions de formation de ce diplôme soit un très riche concentré de rencontre et d’échange entre étudiants, professionnels et universitaires français et libanais. C’est dans ce mélange unique que réside la spécificité de ce diplôme, et c’est sans doute ce caractère très novateur qui fait que chaque année plusieurs dizaines d’étudiants se portent candidats aux épreuves de sélection, au terme desquelles vingt d’entre eux sont recrutés, bien sûr sur la base de leur niveau de culture générale et de français, mais surtout sur leur motivation à devenir journalistes.

Ce diplôme d’études supérieures qui a maintenant douze ans d’âge s’est bien sûr adapté à l’évolution du monde universitaire : c’est ainsi que, depuis la rentrée universitaire de septembre 2007, il est devenu un Master professionnel, qui se déroulera donc désormais en deux ans, conformément aux nouvelles règles de fonctionnement de ce qu’on appelle le LMD (licence-master-doctorat), mais ce qui donnera surtout l’occasion de renforcer le volet professionalisant du diplôme, en multipliant les stages.

Mais si nous sommes réunis ce soir, c’est tout d’abord pour saluer le talent et la réussite des étudiants des 11emes et 12emes promotions du diplôme de journalisme francophone, et c’est à eux que je souhaiterais m’adresser à présent : vous allez recevoir tout à l’heure des diplômes qui seront la concrétisation de votre travail tout au long de ces sessions de formation. Sachez que vous entrez ainsi dans une grande famille, celle des Anciens Elèves du Diplôme, dont beaucoup sont présents ce soir parmi nous et je les en remercie, et qui exercent aujourd’hui des postes de responsabilité dans les médias écrits et audiovisuels libanais francophones et arabophones, en tant que journalistes, reporters ou même rédacteurs en chef. La majorité d’entre eux travaillent ici, au Liban, mais beaucoup sont également présents dans les médias de l’ensemble de la région. Je me réjouis qu’ait ainsi pu se constituer un étroit réseau de contacts qui aille bien au-delà du seul Liban et je forme des vœux pour qu’il reste le plus actif possible au service du développement des échanges entre les professionnels que vous êtes.

A votre tour d’entrer dans cette difficile mais exaltante carrière, qui est celle des journalistes, dont la vocation est de se mettre tout entier au service de la vérité, au moment même ou tant et tant voudraient instrumentaliser les médias et en faire des instruments de propagande. C’est un métier qui exige un grand sens de l’exactitude - au travers du recoupement des sources -, un grand sens de la responsabilité - pour éviter de se faire manipuler mais aussi pour résister à la tentation de manipuler les autres -, mais surtout beaucoup de courage et de sang-froid : comme vous le savez, beaucoup de journalistes sont aujourd’hui détenus à travers le monde pour avoir voulu approcher de trop près la vérité et faire apparaître au grand jour des réalités dérangeantes. Ici même au Liban, comment ne pas penser à tous ces journalistes qui ont payé de leur vie pour préserver leur indépendance. Je pense bien sûr à Samir Kassir ou à Gebran Tueni, mais je voudrais rendre ce soir un hommage tout particulier à notre chère May Chidiac, qui fut l’une des des premières diplômées de notre formation, et qui continue aujourd’hui à se battre pour que sa parole reste libre, malgré la barbarie de ceux qui ont voulu la faire taire.

Je vous félicite donc d’avoir choisi ce métier d’engagement et je vous souhaite de trouver, vous aussi, votre place dans cet univers professionnel difficile mais passionnant. Je vous remercie également d’avoir fait le choix d’effectuer ces études en français, cette langue que nous avons en partage et qui se veut à travers le monde porteuse de valeurs d’humanisme, de tolérance, de dialogue.

Dans un pays qui a plus que jamais besoin de journalistes exigeants, professionnels, courageux et indépendants, nous vous faisons confiance pour nous aider à bâtir un avenir de justice et de vérité.

Dernière modification : 08/02/2016

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