Cérémonie de départ du détachement " BAILEY", (Le 4 octobre 2006)

ALLOCUTION DE S.E. MONSIEUR BERNARD EMIÉ, AMBASSADEUR DE FRANCE AU LIBAN

A L’OCCASION DE LA CÉRÉMONIE DE DÉPART DU DÉTACHEMENT « BAILEY »

Base logistique de Damour

- Mercredi 4 octobre 2006-

M. le directeur général des travaux publics, représentant _ M le ministre des transports,
M. le général représentant le commandant en chef des forces armées libanaises,
Amiral,
MM les représentants des municipalités et des habitants de Damour et de Wadi ez Zeyne,
Officiers, sous-officiers, gradés, légionnaires et militaires du rang,

Après tant de travail et de cérémonies, l’heure est aux adieux. Aux adieux et au souvenir.

Ce qui restera, tout d’abord, ce sont les dates et donc les événements :
Dans la nuit du 12 au 13 juillet dernier, les raids aériens se déchaînent sur le Liban et dans les jours qui suivent, 111 ponts sont détruits.

Un mois plus tard, à l’heure du bilan, le Premier Ministre en appelle au Président Jacques CHIRAC. Deux jours après, le précurseur dirigé par le Colonel LENFANT que je salue chaleureusement arrive à Beyrouth et commence, en liaison permanente avec les équipes du ministère des transports, les reconnaissances. Avec ténacité, patience et professionnalisme, il identifie les sites à reconstruire, recueillant l’aval de tous et d’abord du Ministre des Transports.

Le 27 août, le détachement Pont Bailey arrive et reçoit son matériel les 29 et 30 août où il reçoit immédiatement l’appui de la force Baliste qui le soutiendra tout au long de cette mission. Merci, Amiral, pour votre attention constante au bon développement de ces projets. Vous pouvez alors installer votre base logistique ici-même, sur le champ de tir de la 9ème Brigade et votre zone vie à l’école de Damour.

Vous avez pu mesurer l’ampleur des destructions subies par le pays, et la détresse des habitants. Vous connaissez votre mission, vous vous apprêtez à faire un travail de précision. Pourtant, c’est une véritable course contre la montre qui doit s’engager, car ces ponts sont nécessaires. Ils sont indispensables pour la vie de tous les jours, mais s’ils sont vite rétablis, ils contribueront à restaurer la confiance dans l’avenir, ils montreront que les Libanais ne sont pas seuls dans l’épreuve.

Vous avez immédiatement rencontré la coopération entière de tous les services libanais concernés. Je veux citer particulièrement le directeur général des travaux publics, M. NAMMAR, et le directeur régional du Mont-Liban, M Boulos ; mais aussi le général MANSOUR, commandant la 9ème brigade, la police militaire et le colonel JAMMOUL dont je salue le dévouement constant et la parfaite efficacité durant ces 5 semaines, la population de Damour et tous ses responsables ainsi que le directeur de l’hôpital de l’Hôtel-Dieu de France.

Vous étiez engagés dans une course contre la montre et vous l’avez gagnée, malgré le soleil, malgré la fatigue, malgré tous les imprévus qui surviennent immanquablement sur un chantier.

Vous allez sillonner la côte libanaise, mais aussi faire une incursion dans le Akkar et une autre à l’entrée de la Bekaa et les inaugurations se succèdent, signifiant le rétablissement presque normal d’axes importants.

Semaine après semaine, on ouvre le pont de Damour à la circulation (le 8 septembre), puis Aarqa, le 16, Naame le 18 et Wadi ez Zeyne le 23 septembre. Sofar est achevé le 28 et hier le pont de Ghobeyrah. Ces événement sont assez importants pour que M. SAFADI, ministre des transports, M. MURR, ministre de la Défense, M. PERBEN, notre ministre de l’équipement, et Mme ALLIOT-MARIE, notre ministre de la Défense, aient tenu à y participer.

La mission est remplie : les 850 tonnes de matériel offert par la France sont maintenant ancrées sur la terre libanaise et vibrent sous la circulation trépidante du pays qui a repris ses activités normales.

Ce matériel qui fait désormais partie du paysage libanais n’aurait servi à rien si des hommes ne l’avaient pas assemblé.

Et je suis impressionné par votre cohésion quand je considère la diversité de votre détachement :

161 d’entre vous viennent du 2ème régiment étranger du génie de Saint-Christol, dans la région d’Apt
4 du 1er régiment étranger du génie près d’Avignon
54 du 121ème régiment du régiment de train de Montlhéry
1 du 511ème régiment de train d’Auxonne
2 du 516ème régiment de train à Toul
3 du 1er régiment médical de Metz
5 du 4ème groupement logistique du commissariat de l’armée de terre de Toulouse
2 du 40ème régiment de transmissions de Thionville
4 du 6ème régiment du matériel de Phalsbourg
Et nos 4 gendarmes viennent de Besançon, Lyon et Paris.

Tant de spécialités, tant de régions de France réunies pour une belle et noble mission, dans ce Liban qui mobilise toujours autant les Français.

Vous rentrez chez vous, remplis d’images fortes, de souvenirs chaleureux et émus, comblés de marques d’amitié de la part de ceux qui, notamment ici à Damour, vous ont accueillis.

L’un de vous, le Maréchal-des-logis-chef Franck BOUSSIQUET, n’est pas ici. Je veux ici, encore une fois, à l’heure des remerciements, exprimer la reconnaissance infinie qu’il s’est gagnée dans nos cœurs et dans celui de tous les Libanais. Le pont de Arqa, qu’il a contribué à monter, portera son nom. Par ailleurs, son nom rejoindra, à la résidence des Pins, celui de ses camarades tombés au Liban mort pour la France, en service commandé, en accomplissant jusqu’au bout leur mission. Je sais que vous conserverez très fort en mémoire son sacrifice et que nous honorerons son souvenir.

Transmettez aussi au peuple français vos impressions du Liban. Dites-lui l’énergie du peuple libanais, sa détermination à vivre libre et en paix. Dites-lui qu’aucun effort pour atteindre cet objectif n’est vain et qu’en répondant à la vocation traditionnelle de la France, nous resserrons encore les liens que nos deux pays entretiennent depuis des siècles.

Et à vous qui avez imprimé sur le terrain une marque tangible de cette amitié, une dernière fois, merci./.

Dernière modification : 22/01/2007

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