Cérémonie de baptême de l’Institut des Finances "Bassel Fleihane" (15/02/2006)

Monsieur le Ministre des Finances,
Cher Jihad Az’our,
Madame la Directrice de l’Institut des Finances,
Chère Lamia Moubayed,
Chère Yasma Fleihane,
Chers Amis,

C’est avec beaucoup d’émotion que je suis ce matin à vos côtés pour cette cérémonie de baptême de l’Institut des Finances qui va désormais, fort justement, porter le nom de Bassel Fleihane. Quelle belle initiative, Monsieur le Ministre, d’avoir choisi, en ce premier anniversaire de l’assassinat de l’ancien Président du Conseil des Ministres Rafic Hariri, de Bassel Fleihane et de leurs compagnons, de donner le nom de ce grand Libanais, de ce grand patriote, à ce prestigieux institut, fleuron de la coopération franco-libanaise.

Le nom de Bassel retentit douloureusement associé à celui du Président Rafic Hariri. En perdant ces deux grandes personnalités, le Liban et tous ses partenaires et d’abord la France, ont perdu des hommes d’une dimension exceptionnelle. Ces deux hommes, tant il est difficile de parler de l’un sans l’autre, tant leur complicité était forte, tant leur partenariat permanent, tant la confiance de Rafic Hariri pour Bassel Fleihane était sans limite. Ces hommes tombés en héros dans la force et la grandeur de leur vision et de leur dévouement au service de leur pays, pour reprendre le mot du Président de la République française. Je le cite : « Ces hommes étaient des bâtisseurs inspirés, des visionnaires du Liban de demain, des militants inlassables de la réconciliation des Libanais et de la construction d’un Etat souverain, indépendant, libre et démocratique ».

Ces hommes dont l’ambition était de rendre à leur pays toute sa place dans la région et dans le monde.

Je me souviens de Bassel Fleihane, très actif Ministre de l’Economie et du Commerce, engagé pour reconstruire son pays et tout faire pour réussir, aux côtés du Président Hariri, les conférences d’aide au Liban de Paris I et Paris II.

Je me souviens de ce visionnaire qui fut l’un des rares hommes politiques du Liban à comprendre les enjeux de l’accord d’association entre le Liban et l’Union européenne dont il fut l’un des négociateurs essentiels.

Je me souviens de l’artisan inlassable de la candidature du Liban à l’Organisation Mondiale du Commerce, candidature parrainée et soutenue avec ferveur par la France.

Je me souviens aussi de son engagement constant dans notre coopération bilatérale et la manière dont il participa au lancement de l’Institut des Finances qu’il voyait comme un instrument sans égal pour la formation et la diffusion du savoir économique de tous les fonctionnaires relevant de la sphère économique et financière de l’Etat libanais.

Je me souviens d’un homme direct, compétent, simple, volontariste, ambitieux pour son pays. Dès mon arrivée au Liban, dans les premiers jours de janvier 2005, je le retrouvais à de nombreuses reprises chez des amis communs.

Sa relation avec la France fut toujours empreinte de confiance, même s’il ne maîtrisait qu’imparfaitement notre langue. Il ne cessait de rappeler dans ses différentes interventions la part singulière que notre pays occupe dans tous les domaines d’activité au Liban.

Au lendemain de ce 14 février noir, la France lui ouvrit naturellement ses portes en l’accueillant dans l’un de nos meilleurs établissements hospitaliers susceptibles de l’accueillir et de soulager ses immenses souffrances. C’est en France qu’il ferma les yeux en ce 18 avril.

Le Président de cette France qui vous indiquait Madame, Chère Yasma, « combien le Liban avait perdu avec Bassel Fleihane l’une des très grandes personnalités qui auraient pu jouer un rôle important au moment où s’ouvraient pour le pays de nouvelles perspectives ».

Aujourd’hui, je m’incline devant la mémoire et devant l’œuvre de Bassel Fleihane, je rends hommage à son engagement au service de son pays. C’est en la mémoire de ce très grand serviteur de l’Etat libanais, de cet ami de la France, que je souhaite dire ici toute l’importance que nous accordons au baptême de cette grande institution qui portera désormais son nom. La France a engagé aux côtés de l’Institut des Finances ses plus prestigieuses écoles économiques et financières, que ce soit l’Ecole du Trésor, l’Ecole des Impôts ou l’Ecole des Douanes, avec l’aide de la coopération française. La France qui maintiendra dans l’avenir, aussi par fidélité à l’ambition exigeante de Bassel Fleihane, tous ses programmes de formation afin de soutenir les élites économiques et financières du Liban.

En souvenir de Bassel Fleihane, qui croyait profondément au renouveau du Liban, en souvenir de son message et de son œuvre, je souhaite longue vie et beaucoup de succès, à l’Institut Bassel Fleihane des Finances, l’un des très beaux symboles de la coopération entre le Liban et la France.

Je vous remercie./.

Dernière modification : 22/01/2007

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