Célébrations du cinquantième anniversaire du traité de Rome, Conférence de Presse du Président de la République, M. Jacques Chirac, le 25 mars 2007

QUESTION - Monsieur le Président, pensez-vous qu’avant la fin de votre mandat, vous pourrez donner l’impulsion pour une nouvelle résolution au Conseil de sécurité pour la création d’un tribunal international pour juger les criminels responsables de l’assassinat du Président Rafic Hariri et des autres assassinats au Liban ? Vous avez eu le Président Poutine au téléphone il y a quelques jours ; avez-vous eu l’impression que la Russie mettrait son veto sur une résolution qui créerait le tribunal par le chapitre 7 ?

LE PRESIDENT - Le tribunal international, et sa création urgente après le sommet de Riyad, me paraît une nécessité absolue, conforme à la justice. Car il est normal que les assassins de Rafic Hariri et les responsables des quinze assassinats qui ont suivi soient dénoncés et sanctionnés. Pour une raison de justice mais également pour une raison de dissuasion. S’il n’y a pas création du tribunal international, alors, les coupables seront en quelque sorte libres et même encouragés à continuer ce genre d’intervention politique, par la voie des assassinats. Tandis que s’il y a un tribunal qui existe, qui est organisé, qui est susceptible de réagir et de condamner, alors c’est un élément de dissuasion. J’ai eu souvent l’occasion de souligner ce point, tant avec les dirigeants des pays arabes, qu’avec les dirigeants européens, ou russes ou chinois. Il est nécessaire sur le plan de la dissuasion d’avoir le tribunal international. Il faut le créer d’urgence.

J’ajoute que le dernier rapport de M. Brammertz montre bien qu’il pense que l’origine de ces actions est d’ordre politique. Par conséquent, il faut le faire. Il est souhaitable que les autorités libanaises, -il y a au Liban un gouvernement légitime qui ne peut pas être contesté-, prennent elles-mêmes les initiatives qui s’imposent. C’est-à-dire qu’elles arrêtent les modalités de mise en œuvre du tribunal. Dans l’hypothèse où les circonstances locales libanaises rendraient difficile ou impossible cette position, il faudra bien trouver une autre issue, urgente. Et cela ne peut être effectivement qu’une décision du Conseil de sécurité de l’ONU, prise sous chapitre 7. Personnellement, je serai, à ce moment là, favorable à cette initiative. Mais, je le répète, il serait préférable que ce soit le Liban qui en soit à l’origine. Mais on ne peut plus attendre. Il faut maintenant rapidement prendre une initiative et je souhaite qu’elle puisse avoir lieu avant la fin de mon mandat.

Dernière modification : 30/03/2007

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