Célébration du 14 juillet 2016 à la Résidence des Pins

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A l’occasion de la fête nationale française, l’Ambassadeur de France au Liban, M. Emmanuel Bonne, a prononcé le discours suivant lors de la réception à la Résidence des Pins :

Messieurs les Ministres,
Messieurs les Députés,
Mesdames et Messieurs les Conseillers consulaires,
Excellences,
Chers compatriotes,

Permettez-moi de saluer tout d’abord M. Mahmoud Berri, représentant le président de l’Assemblée nationale, M. Nabih Berri ; M. Samir Mokbel, ministre de la Défense, représentant le président du Conseil des ministres, M. Tammam Salam et Mme Alice Chaptini, ministre des Déplacés.

أَوَدُّ بِدايَةً أَن أَشكُرَ حُضورَكُم هذا المساء في قصر الصنوبر. هذا البَيْت بيتُكُم. إنَّهُ بيتُ الفرنسيين كَمَا هو بَيْتُ اللبنانيين. يُسْعِدُنَا أَن نَلْتَقِيَ هُنَا، لِنَحْتَفِل مَعاً بِالعيدِ الوَطَنِي الفرنسي ولِنُعَبِّر مَرَّةً أُخرى عن اعْتِزازِنا بِشِعارِنا "حُرِّيَة ومُساواة وأُخُوّة".

C’est un honneur et une grande joie de vous accueillir tous ici, dans cette Résidence des Pins qui est à la fois la maison des Français et des Libanais et un haut lieu de notre histoire commune, où il fait toujours bon nous retrouver. Je souhaite donc à chacun et à chacune d’entre vous la plus chaleureuse des bienvenues.

Je remercie aussi les éminentes personnalités libanaises qui nous rejoignent ce soir pour célébrer notre fête nationale, au cours de laquelle nous commémorons notre Révolution française, exprimons notre attachement à la République et renouvelons notre adhésion à ces valeurs fondamentales qui sont les nôtres : liberté, égalité, fraternité.

Le 14 juillet est un moment particulier où nous formons des vœux pour notre pays, la France. Nous voulons qu’elle soit heureuse, qu’elle soit forte, qu’elle rayonne. Nous avons confiance qu’elle relèvera avec succès les grands défis d’aujourd’hui – ceux de la sécurité, de la paix, de l’environnement et du développement – solidaire de ses partenaires, ambitieuse pour l’Union européenne et engagée dans le monde.

Les Libanais savent qu’ils peuvent compter sur la France. L’expérience leur donne raison car quand la France s’engage pour le Liban, c’est pour lui seul qu’elle le fait, sans arrière-pensée, avec pour objectif d’être utile à ce pays auquel elle est attachée par les liens multiples de l’histoire, de la culture, de l’amitié et du cœur.

Le Président de la République l’a dit ici même le 16 avril dernier devant ses nombreux invités : la France n’a qu’un seul candidat, qu’un seul agenda, qu’une seule ambition : c’est le Liban. Nous agissons donc pour qu’il soit à l’abri des menaces dans cette période de doutes et d’incertitudes.

Ne l’oublions pas : à quelques dizaines de kilomètres d’ici, en Syrie, c’est la guerre. Ce qui importe d’abord, c’est donc que la sécurité soit préservée au Liban, aux frontières comme sur le territoire national. C’est la raison pour laquelle nous coopérons avec chacune des institutions concernées et apportons tout notre soutien à l’Armée libanaise, à laquelle nous rendons hommage pour son engagement national. C’est aussi pourquoi, dix ans après la guerre de 33 jours, le ministre des Affaires étrangères, M. Jean-Marc Ayrault, a tenu à se rendre auprès de la FINUL, dont je salue ici les soldats français, pour y confirmer le plein engagement de notre pays.

Ce qui importe ensuite, c’est que la solidarité internationale permette au Liban de faire face aux conséquences de la crise syrienne, s’agissant notamment de l’afflux des réfugiés. La France y prend toute sa part et augmente son aide au profit des réfugiés mais aussi des communautés d’accueil, elles-mêmes appauvries par la crise. Est-ce suffisant ? Non, bien sûr, ce n’est pas suffisant, car la crise syrienne a pris une ampleur exceptionnelle. Mais oui, nous faisons tout ce qui nous est possible pour alléger la charge du Liban et préparer l’avenir car il doit être clair que les réfugiés ont vocation à rentrer chez eux dès lors que les conditions le permettront. Il faut encore créer ces conditions. C’est pourquoi la France continue d’œuvrer pour une transition politique qui reste le meilleur moyen d’éteindre la guerre en Syrie.

Ce qui importe enfin, c’est de trouver une solution à la crise politique qui fragilise le Liban. Là encore, il faut être clair. La France encourage les partis libanais à trouver les voies d’un compromis qui permettra d’élire un président, qui sera celui de tous les Libanais, de former un gouvernement, qui représentera l’unité nationale et de renouveler un parlement dans lequel chacun sera justement représenté. Pourquoi ? Parce qu’un accord est nécessaire au bon fonctionnement des institutions de l’Etat, et parce que cela permettra aux partenaires internationaux d’apporter un appui plus efficace au Liban.

Pour autant, la France n’ignore pas à quel point il est difficile d’aboutir à un tel accord au moment où tant de pressions s’exercent de l’extérieur sur le Liban. Donc elle agit aussi auprès de tous ceux qui ont une influence ici. Son objectif est simple : créer les conditions et obtenir les garanties internationales qu’un accord négocié entre les Libanais sera respecté par tous. C’est d’ailleurs l’intérêt de tous que le Liban soit mis à l’abri des crises régionales. Mieux encore, c’est l’intérêt de tous qu’une solution soit trouvée au Liban car elle peut être un excellent signal pour le reste de la région. Le signal qu’enfin la négociation est possible pour sortir des crises.

Aujourd’hui encore les Libanais sont mis à l’épreuve. Mais la France a confiance dans l’avenir de ce pays, dans son modèle de convivialité et de pluralité. Elle a confiance dans cette société ouverte et singulière qui entreprend toujours et ne se décourage jamais. Il faut préparer l’avenir. Et là aussi, les Français veulent être aux côtés des Libanais. De tous les Libanais. Notre amitié est vivante, elle est pleine de ressources, de projets et d’ambitions pour demain. Elle appartient aux jeunes générations auxquelles nous voulons offrir le meilleur de ce que nous avons dans tous les domaines. Ceux de l’éducation, de la culture, des sciences et des arts, de l’économie et des nouvelles technologies. Nous avons beaucoup à faire ensemble et j’en suis très heureux. Multiplions les partenariats ! Créons entre nous de nouveaux liens ! Innovons ! En un mot : avançons ensemble !

Excellences, Mesdames et Messieurs,

Voilà en quelques mots ce que j’avais à vous dire ce soir. Je suis reconnaissant à nos amis libanais de leur présence ce soir, de leur amitié pour la France et de tout ce qu’ils font pour que vive l’amitié franco-libanaise. Je salue aussi les Français du Liban, souvent double nationaux, nombreux et dynamiques, qui ont ici des racines profondes. Quels que soient les détours de la politique, chaque jour ils apportent, dans la vie de leur famille, leur activité professionnelle et leur engagement dans la vie publique, le témoignage le plus sûr de notre communauté de destin. Enfin, je veux dire un grand merci à nos nombreux et généreux sponsors qui permettent que ce 14 juillet avec vous soit une grande fête. Un grand merci aussi à la fanfare des Forces de sécurité intérieure, sous la direction du Colonel Ziad Mrad, ainsi qu’à Nadine Nassar qui vont maintenant interpréter les hymnes nationaux.

Je vous souhaite à tous un joyeux 14 juillet et le déclare avec force, joie et conviction :
عاشت فرنسا ! عاش لبنان ! عاشت الصداقة بين فرنسا ولبنان !
Vive la France ! Vive le Liban ! Vive l’amitié entre la France et le Liban !

Dernière modification : 21/07/2016

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