Célébration des 10 ans d’existence de l’Ecole Supérieure des Affaires de Beyrouth - ESA (23/06/2006)

Monsieur le Gouverneur de la Banque du Liban,
Monsieur le Directeur général de l’ESA,
Monsieur l’Ambassadeur de France,
Mesdames et Messieurs,
Mes Chers Amis,

C’est un plaisir et un honneur, comme Ambassadeur de France au Liban et comme co-président du Conseil de Surveillance de l’Ecole Supérieure des Affaires, d’être parmi vous à l’occasion de cette cérémonie du 10ème anniversaire de cette très belle réussite qu’est l’ESA. Bravo à l’Ecole pour l’organisation de ces très belles manifestations qui tout au long de ce semestre nous ont permis de fêter avec éclat, prestige et dignité cet anniversaire.

L’Ambassadeur Jean-Pierre LAFON a rappelé la genèse de cette école, la ténacité qu’il a fallu pour la créer. Sans son engagement, je dirais même son obstination, sans sa force de conviction auprès du Gouvernement français de l’époque, auprès de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Paris, sans la qualité du partenariat développé avec le Gouverneur Riad Salamé, nous n’aurions peut-être pas réussi. Merci, cher Jean-Pierre, cher père fondateur de l’ESA, pour votre vision et votre action ici à Beyrouth. Vous avez sans nul doute été un grand Ambassadeur, un Ambassadeur bâtisseur, cherchant à relancer cette coopération franco-libanaise après la guerre et à développer des projets structurant dans la durée notre partenariat d’exception.

Je rends hommage à votre action et à votre engagement constant auprès de cette institution et notamment dans vos récentes fonctions de Secrétaire général du Ministère des Affaires étrangères. Au cours de votre mandat de premier haut fonctionnaire du Quai d’Orsay, vous êtes resté très engagé auprès du Liban comme auprès de l’ESA, notamment pour accompagner son développement régional.

C’est une fierté pour moi de co-présider le Conseil de surveillance de l’ESA avec une personnalité aussi exceptionnelle, aussi engagée, aussi rare, que le Gouverneur Riad Salamé. Je le remercie de son investissement dans la durée, de son accompagnement sans faille de ce projet, de ce sentiment qui l’anime de vouloir porter toujours plus haut et plus fort les ambitions de l’ESA, le tout dans un souci de rigueur financière mais également avec une générosité sans égale.

Merci enfin à Roger Ourset, remarquable directeur général de cette école depuis sa création, qui n’a eu de cesse, avec ses équipes, de s’investir avec compétence, talent et dynamisme pour faire grandir après sa naissance ce très beau projet qui est aussi son enfant. A travers lui, ce sont les Présidents successifs de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Paris que je voudrais aussi remercier.

Mesurons l’importance du chemin parcouru et la réussite qui n’allait pas de soi de cette école, initiative politique majeure lancée conjointement par le Président de la République française, M. Jacques CHIRAC, et le Président du Conseil des Ministres de l’époque, M. Rafic HARIRI.

Rappelons-nous du caractère symbolique de ce lieu qui était l’ancienne chancellerie diplomatique de l’Ambassade de France, située rue Clémenceau, cette grande figure de l’histoire de France qui contribua par sa vision et sa volonté, non seulement à la victoire de la France en 1918, mais aussi à la création du Liban moderne.

Rappelons-nous de l’ambition assignée à cette école par Jacques CHIRAC lorsqu’il inaugura l’ESA le 30 mai 1998, je le cite : « Notre grand projet, notre beau projet d’une Ecole Supérieure des Affaires qui offrirait aux jeunes Libanais un enseignement supérieur de gestion de haut niveau, en français, et conforme aux critères d’excellence qui sont ceux de nos grandes écoles. Notre ambition est de mettre l’amitié de la France et sa longue tradition de coopération au service du Liban, au service de sa reconstruction et de son développement ».

La fondation de cette école, comme le soulignait alors le Président de la République, marquait avec force l’engagement de la France aux côtés du Liban, et d’abord aux côtés de sa jeunesse. Quel meilleur symbole en effet de notre volonté d’aider les jeunes Libanais à acquérir ici, à Beyrouth, la meilleure formation possible, pour devenir d’inlassables artisans de la réussite, du progrès, de la renaissance et du rayonnement de leur beau pays.

Dès l’origine, nous avons voulu faire de l’ESA un puissant pôle de formation. Nous avons voulu en faire la grande école de gestion, francophone, pour toute la région.

Nous pouvons avoir la fierté, dix ans après, de dire que cet objectif a été largement rempli. Mission accomplie et bravo à tous ceux qui ont permis cela.

Le pari de cette dimension francophone voulue par les pères fondateurs de l’ESA, aura été relevé avec éclat. Car cette ambition reste aujourd’hui encore un remarquable atout pour l’avenir du Liban et de ses cadres. Dans le respect de l’arabe, votre langue nationale, et avec elle, la Francophonie, c’est une fenêtre ouverte sur un ensemble culturel et humain de mieux en mieux organisé, qui regroupe plusieurs centaines de millions de femmes et d’hommes et qui continue d’affirmer chaque jour sa force économique et politique dans le monde.

Lancer en 1996 une école de gestion et de finances avec un enseignement en français et à la française était donc incontestablement un défi. Avec 1.500 anciens élèves, et près de 400 actuellement en cours d’études, l’école a parfaitement rempli ses objectifs. Les différents cursus proposés, chacun dans un domaine d’excellence, correspondent aux besoins du marché du travail ici au Liban, mais aussi dans la région. De nouvelles formations ont été récemment lancées, plus pointues, comme dans le domaine de la gestion de la santé. Elles répondent également à une demande soutenue en termes d’emplois. Cette parfaite adéquation, entre besoins et offres de formation, est aussi une grande réussite.

Mais la dimension régionale s’est également affirmée. L’ESA rayonne dans la région. Des étudiants du Proche-Orient et du Golfe viennent y accomplir leur formation. L’ESA accueille aussi des formations permanentes de cadres de la région du Golfe. Pour répondre aux besoins, une antenne de l’Ecole vient d’ouvrir à Bahreïn. Des projets de coopération sont à l’étude avec d’autres pays.

Mais il faut aller plus loin, rester ambitieux et inventer l’avenir de l’ESA. Gardons à l’esprit ces mots prononcés par le Président CHIRAC à Beyrouth en mai 1998. Je le cite à nouveau : « Il faut consolider notre école, la faire grandir au delà des frontières du Liban, dans la région et dans tout le bassin méditerranéen. Il faut en faire l’un des instruments de la renaissance et du rayonnement du Liban. »

Aujourd’hui, l’école jouit d’une grande notoriété sur la qualité de son savoir-faire. Elle s’est parfaitement développée sur des créneaux d’excellence et elle dispose d’un solide réseau de partenariats avec nombre de Grandes écoles et d’universités. Enfin, elle a développé des réseaux avec les forces vives de ce pays et de la région. Le moment est donc venu d’une vigoureuse projection régionale, à partir de Beyrouth, pour accomplir le destin qu’avaient voulu pour elle ses fondateurs. Celui d’un établissement de prestige, au rayonnement régional sur l’ensemble du Moyen-Orient, au service de l’excellence, au service de la jeunesse, au service du développement économique. Un établissement porteur des valeurs que la France incarne dans le monde arabe et méditerranéen.

Il nous faudra pour cela encore renforcer l’école, réfléchir peut-être à son agrandissement et à l’augmentation de ses capacités d’accueil qui pourront accompagner son expansion. C’est à ces chantiers qu’il nous faut maintenant travailler.

Monsieur l’Ambassadeur de France, Monsieur le Gouverneur de la Banque du Liban, vous aussi Monsieur le Directeur général de l’ESA, devant ces pères fondateurs que vous avez été, et aussi par fidélité envers la mémoire et la vision de l’un des tous premiers d’entre eux, le Président Rafic HARIRI, je voudrais vous redire que la France ne ménagera pas ses efforts pour consolider et sans cesse développer cette école, notre école, qui reste l’une des plus belles réussites de notre coopération, et dont nous pouvons collectivement être fiers.

Je vous remercie./.

Dernière modification : 17/01/2007

Haut de page