Arrivée du "Cap Camarat", Bateau pour le Liban - Port de Beyrouth (17/08/2006)

Madame et Messieurs les Ministres,
Messieurs les Ambassadeurs,
Mesdames et Messieurs les représentants des institutions internationales, des associations, des ONG et bien sûr des collectivités territoriales,
Mesdames et Messieurs,

C’est pour moi un grand plaisir d’être ce soir, au port de Beyrouth, pour l’arrivée de notre bateau pour le Liban. Il s’agit-là d’une belle et grande opération humanitaire organisée à l’initiative d Philippe Douste-Blazy, Ministre des Affaires étrangères, en association avec l’UNICEF, le Haut Comité pour les Réfugiés et le Programme Alimentaire Mondial parmi d’autres. L’objectif, dans le droit fil de l’appel humanitaire lancé par le Président de la République dès le 19 juillet dernier, était de permettre aux milliers de Françaises et de Français qui ont souffert à chaque bombe qui frappait le Liban et qui partagent, dans leur cœur, les malheurs, les bonheurs et le destin de votre pays, de manifester eux-mêmes, directement, concrètement, leur solidarité, leur amitié.

Je voudrais remercier celui sans lequel cette opération n’aurait pas été possible, celui qui a affreté ce beau bâtiment, le « Cap Camarat », ce grand Libanais originaire de cette terre, ce grand industriel, ce grand Français, j’ai nommé M. Jacques Saadé, Président de la CMA/CGM, grâce à qui cette opération a pu, dans d’aussi brefs délais, voir le jour.

Quel beau symbole, chers amis, que trois jours après la cessation des hostilités et au lendemain du vote de la résolution 1701 à laquelle la France a participé si activement, pour faire en sorte que les préoccupations libanaises et le plan en sept points du gouvernement dirigé par M. Siniora soient pris en compte, nous vivions ce jour historique où l’armée de la Nation, l’armée libanaise, l’armée de votre République, se déploie vers le sud après plus de 25 années d’absence.

Le Liban est fort. Le Liban doit avoir confiance. Le Liban continuera à vivre. Le Liban se redressera. Sur ce chemin, il sera accompagné par ses amis de toujours et d’abord par la France. Cette France qui a exprimé sa solidarité quelques jours après le début du conflit par la visite de notre Premier Ministre Dominique de Villepin. Cette France qui par le Président de la République Jacques Chirac s’est mobilisée la première pour demander un cessez-le-feu et rechercher une solution diplomatique à cette crise sans issue militaire. Cette France avec son Ministre des Affaires étrangères, venu à quatre reprises au Liban en moins d’un mois pour suivre au plus près les évolutions et les positions des autorités libanaises. Cette France présente dans sa diversité, présente par cette solidarité qui s’explique par cette relation égale à nulle autre entre nos deux pays. Pour reprendre la citation de Montaigne parlant de La Boétie : « Parce que c’est le Liban, parce que c’est la France, cela ne s’explique pas autrement ».

Mesdames et Messieurs, les souffrances du peuple libanais ont ouvert des plaies dans le cœur des Français. Ce million de déplacés, ce cortège de tués dont plus d’un tiers d’enfants, ces blessés fauchés dans leur innocence. Oui, ces images ont bouleversé l’opinion mondiale et d’abord l’opinion française au creux de ce mois d’août. Oui, le spectacle de ces quartiers entiers détruits, rasés au sud de Beyrouth, dans le sud du Liban, ces bombardements dans la Bekaa, ces usines alimentaires touchées, ces écoles, ces lieux de culte, ces centres de santé frappés par ce qu’on appelle des dégâts collatéraux, ces ponts, ces infrastructures. Autant de souffrances, autant d’agressions, autant d’injustices qui nous ont bouleversés.

C’est pourquoi la France, parmi les premières, s’est mobilisée au plan de l’aide humanitaire. Avec les premières rotations de bateaux aidant les Français qui le souhaitaient à quitter le pays, est arrivée de l’aide humanitaire dès le lundi 17 juillet. Le 31 juillet, Philippe Douste-Blazy, Ministre des Affaires étrangères, accueillait à l’aéroport de Beyrouth le premier avion européen de fret humanitaire. Xavier Bertrand, Ministre de la Santé, venait ici le 3 août à la demande du Chef de l’Etat, rappelant la volonté de la France de s’engager dans le long terme pour le soutien aux populations civiles dans le seul esprit de répondre aux besoins d’urgence, puis ensuite de soulager les souffrance. Depuis, d’autres rotations se sont régulièrement produites et à ce jour près de 800 tonnes d’aide humanitaire sont arrivées à Beyrouth par des moyens civils et militaires, autant aériens que maritimes. Je rends hommage aux forces armées françaises pour leur engagement et leur disponibilité et aux autorités libanaises pour leur coopération à chaque instant. Avant hier, je remettais encore à Mohammed Khalifé, Ministre de la Santé, au nom des industriels français de la pharmacie, deux tonnes de médicaments répondant aux besoins les plus urgents.

Aujourd’hui, nous accueillons ensemble au port de Beyrouth, ce port de Beyrouth dont la France espère qu’il ne sera bientôt plus soumis à aucun blocus, plus de 1 500 tonnes de fret humanitaire. Grâce à la mobilisation d’institutions françaises, de collectivités territoriales, de sociétés du secteur du médicaments, de nombreuses associations et de particuliers, nous avons pu organiser cette opération à laquelle se sont associées au delà du HCR, de l’UNICEF, et du PAM, plusieurs Etats membres de l’Union européenne, comme l’Allemagne, la Hongrie, l’Irlande, la Suède, la Lituanie, la Lettonie et la Slovaquie, dont je salue ce soir les représentants.

Arrivent aujourd’hui dans ce bâtiment des ambulances, des camions, des produits alimentaires dont 390 tonnes de blé, des médicaments, du matériel médical, d’hygiène, d’hébergement, de lutte contre l’incendie, des groupes électrogènes ou encore une station d’assainissement.

Autant de matériels qui répondent à des besoins précis et identifiés et qui seront dans les heures et les jours qui viennent mis à disposition de ministères, d’institutions, d’associations et d’ONG libanaises et françaises qui elles-mêmes les mettront à disposition, dans la transparence et la clarté, des personnes les plus fragiles et les plus nécessiteuses.

Certains donateurs, notamment les agences internationales et des ONG françaises, ont choisi d’affecter leur don. Par exemple la Croix-Rouge française a levé une aide considérable qui sera affectée à la Croix-Rouge libanaise. Le reste des dons non affectés sera distribué par l’intermédiaire de l’Ambassade de France aux autorités libanaises, aux ONG libanaises et ONG françaises qui s’engagent au Liban dans un esprit de générosité, de complémentarité et d’efficacité de l’aide.

Qu’il me soit ici permis de rendre hommage aux partenaires avec lesquels nous travaillons au Liban depuis le début de cette crise. Le cabinet du Premier Ministre d’abord. Le Ministère de la Santé bien sûr et le Ministère des Affaires sociales avec lequel nous sommes en contact étroit, mais également les ONG libanaises que nous connaissons de longue date et dont nous savons le sérieux, l’engagement et le dévouement. Nous avons ainsi répondu aux demandes de plusieurs dizaines de ces ONG pour financer leurs actions d’urgence, leurs actions au profit des plus faibles et leurs actions maintenant au service de plus de 250 000 personnes déplacées. Je les salue toutes sans en nommer aucune mais toutes ont notre respect, notre affection, notre soutien.

Cet effort de la France continuera dans la durée. Au-delà de cette aide d’urgence c’est le rétablissement de la communication dans le pays qui est prioritaire et c’est pourquoi le Président de la République a décidé d’envoyer 15 ponts métalliques d’urgence au Liban, des ponts Bailey qui seront installés sur place en liaison avec les autorités libanaises. Au-delà, nous serons présents à l’heure de la reconstruction dans le cadre d’une coopération renforcée avec votre pays.

Nous sommes fiers, en toute fraternité, de conduire cette opération de soutien au Liban. Ce pays indépendant, souverain et libre. Ce pays dans lequel l’armée se déploie au sud pour restaurer l’autorité de l’Etat sur l’ensemble du territoire. Ce pays dont la volonté de vivre, de panser ses plaies et de reconstruire dans l’unité nationale est chevillé au corps. Ce pays dont le souffle et l’ambition nous impressionnent toujours. En m’adressant ce soir à vous, en m’adressant aux Libanaises et aux Libanais qui retrouvent leur terre et leur village, je leur dis l’amitié et la solidarité de la France. Sachez que la France sera toujours à vos côtés dans les bons jours mais aussi dans les périodes de crise, comme elle le fut au cours de ces terribles semaines avec une ambition. Vous aider et vous accompagner toujours sur le chemin de l’indépendance, de la paix, de la liberté, de la souveraineté sur votre propre territoire.

Je vous remercie./.

Dernière modification : 17/01/2007

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