Allocution prononcée au congrès francophone d’oncologie – 19 avril 2013

Je voudrais d’abord remercier les organisateurs du congrès francophone d’oncologie, en tout premier lieu son président, le Professeur Georges Chahine, Président de la Société Libanaise d’Oncologie et Président du département d’Oncologie de l’Hôtel Dieu, qui a bien voulu associer l’ambassade de France à cet événement.

Je voudrais aussi saluer les spécialistes qui participent à ce séminaire, en particulier les médecins français, dont je connais l’engagement aux côtés de leurs collègues libanais, à la fois comme praticiens et comme chercheurs.

Je me réjouis de me trouver dans un congrès francophone. La francophonie, en médecine particulièrement, offre un cadre d’échanges très dynamique. Cette langue partagée facilite l’expression des valeurs communes qui sont au cœur de l’engagement des médecins, et que ce Congrès aura à cœur de promouvoir.

Je ne vais naturellement pas vous parler de la lutte contre le cancer. Vous devinez que ce n’est pas mon sujet.

Je vais situer mon intervention dans le contexte plus large de la santé, et je vous parlerai de la coopération franco-libanaise. Je le ferai très brièvement, en ne traçant que les grandes lignes.

Avec le droit, la santé est l’un des domaines où la France et le Liban entretiennent les liens les plus anciens et les plus nombreux. Notre partenariat s’exerce dans deux directions principales : la coopération avec le ministère de la santé, et la coopération universitaire.

1. La coopération avec le ministère de la santé : les actions les plus importantes s’inscrivent dans le cadre du protocole de coopération signé le 9 novembre 2011 entre les ministères français et libanais de la Santé.

Cet accord a pour objet la poursuite des actions commencées dès 2006 :
- l’amélioration de la transfusion sanguine au Liban,
- le circuit du médicament et les dispositifs médicaux,
- la démarche d’accréditation des établissements de santé.

a) Pour la transfusion sanguine, le Ministère de la Santé a sollicité l’Établissement Français du Sang (EFS) afin qu’il apporte son expertise pour améliorer la gestion transfusionnelle au Liban. Ce projet a notamment permis de créer des banques du sang et de rédiger des guides de bonnes pratiques pour chacune des étapes de la transfusion (collecte, préparation, qualification, distribution).

b) S’agissant des médicaments, le Ministère a souhaité mettre en place un processus d’enregistrement des dispositifs médicaux et des médicaments génériques pour améliorer la sécurité du patient. Il l’a fait en partenariat avec l’Agence Nationale de Sécurité des Médicaments et des produits de santé (ANSM).

c) Enfin, s’agissant de l’amélioration de la qualité des hôpitaux, la Haute Autorité de santé accompagne, depuis 2009, la totalité des hôpitaux libanais, les 150 établissements privés et les 25 établissements publics, par des actions de conseil et de formation. A ce jour, les visites d’audit ont été réalisées dans tous les hôpitaux. Le bilan du projet est positif ; les résultats de l’audit confirment que le secteur hospitalier libanais est très qualifié. L’École supérieure des Affaires a accompagné les professionnels de la santé dans cette démarche à travers l’organisation de 23 sessions de formation. L’ESA a également développé un master de gestion hospitalière, qui s’est imposé comme la formation régionale de référence.

Il faudrait aussi évoquer d’autres initiatives, comme la convention de coopération à l’étude entre l’Agence française de la biomédecine et l’Agence libanaise de transplantation d’organes (NOOTDT).

2. Le deuxième domaine est celui de l’enseignement universitaire et de la recherche. a) Toutes les facultés de médecine francophones du Liban (et même certaines universités anglophones) ont signé des accords de partenariat avec des universités françaises. On compte actuellement plus de 60 conventions actives, qui donnent lieu à des échanges d’enseignants-chercheurs et de doctorants. Les relations sont facilitées par le fait que les systèmes de formation médicale, au Liban et en France, sont très proches. La structure des études est quasiment la même.

Chaque année, environ 40 étudiants libanais sont admis au concours de recrutement de « faisant fonction d’internes » dans les hôpitaux français, le DFMS ; ce statut leur permet de se former à une spécialisation tout en exerçant une activité clinique rémunérée.

b) En ce qui concerne la recherche, le domaine de la santé figure parmi les axes retenus par le programme Cèdre. Sur une vingtaine de projets retenus chaque année, un quart concernent la recherche médicale. Ils permettent de renforcer les liens entre laboratoires français et libanais, et d’intégrer de jeunes chercheurs à des équipes confirmées. L’Agence universitaire de la Francophonie a mis en place des programmes de recherche assez voisins du programme Cèdre, dans les domaines de la santé et de la biologie.

Il y aurait d’autres aspects à développer. J’aurais pu évoquer notre appui au secteur associatif, ou nos actions de soutien direct à certains hôpitaux ou réseaux d’hôpitaux. A l’Hôtel-Dieu de France, par exemple, où nous avons maintenu, au sein de l’équipe de direction, un expert français, M. Boubekri, qui est présent ici ce soir. Il occupe la fonction de directeur technique, poste qu’il a occupé dans plusieurs hôpitaux de l’Assistance publique - Hôpitaux de Paris.

Je m’arrête là. Je crains d’avoir déjà dépassé le temps de parole qui m’était accordé.

Je vous remercie de votre attention.

Dernière modification : 20/06/2013

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