Allocution prononcée au 6ème forum de la nouvelle femme arabe - 1er mars 2013

Madame la Première Dame du Liban, Son Excellence Mme Wafa Sleimane,
Mesdames les Ministres, Mme Leyla Solh Hamadé et Mme Bahia Hariri,
Madame la fondatrice et Présidente du forum de la nouvelle femme arabe, Chère Nadine Abou Zaki,
Excellences, Mesdames et messieurs,
Chers amis,

C’est un plaisir et un honneur d’être parmi vous aujourd’hui pour ouvrir, à vos côtés, cette 6ème édition du forum de la nouvelle femme arabe.

La France soutient les initiatives en faveur des femmes au Liban et dans le monde arabe. Elle soutient les acteurs qui s’engagent, chacun à leur manière, en faveur de l’égalité entre les hommes et les femmes et de l’émancipation féminine.

Nous agissons à plusieurs niveaux :

• En soutenant des ONG qui viennent en aide aux femmes, notamment dans le Sud - Liban ;

• En contribuant au débat d’idées au sein de la société civile. Elisabeth Badinter, philosophe française, avait ainsi pu rencontrer des associations et des femmes libanaises lors de sa venue au Liban en janvier dernier. En mars 2012, une conférence sur le thème de la lutte contre les violences faites aux femmes avait également été organisée par l’ambassade de France en présence de Mme Maud de Boer-Buquicchio, Secrétaire générale adjointe du Conseil de l’Europe. La lutte contre les violences faites aux femmes, thème sur lequel la société civile libanaise attend l’adoption d’une loi par le parlement, sera le sujet central de la commission des Nations Unies sur le statut des femmes cette année.

• En encourageant la production d’artistes françaises et libanaises qui nous font partager leur regard de femmes sur le monde. Par exemple, la photographe française Laurence Leblanc était récemment en résidence d’artiste au Liban et présentera en 2014 le fruit de son travail sur les portraits de femmes.

• Au-delà du Liban, la diplomatie française est mobilisée, dans les enceintes internationales notamment, en faveur des droits des femmes. Je signale l’organisation à Paris le 20 mars prochain, du premier forum mondial des femmes francophones qui réunira autour des représentants du gouvernement français et du Président de la République, plus de 400 femmes de tout le monde francophone (y compris du Liban), pour discuter de la façon d’assurer les progrès de la situation des femmes, y compris au plan économique (éducation, formation professionnelle, accès à l’emploi).

Et nous sommes heureux d’appuyer pour la deuxième année consécutive, des initiatives comme le Forum de la nouvelle femme arabe.

Ce Forum contribue incontestablement au rayonnement des femmes dans le monde arabe. Il est une tribune, un lieu de rencontre, d’échanges et de débat. Il met en lumière la contribution des femmes au développement de leurs sociétés au Liban et dans la région et invite à réfléchir à leurs droits politiques, sociaux, civils et économiques.

L’édition 2012, consacrée au « printemps arabe », avait permis des échanges sur les perspectives ouvertes pour les femmes par ces mouvements populaires. Alors que nous célébrerons dans quelques jours la Journée internationale du Droit des Femmes, permettez-moi d’évoquer certains des progrès attendus par nombre de femmes et d’hommes au Liban : que les femmes puissent transmettre leur nationalité, qu’elles se voient reconnaître l’égalité juridique avec les hommes, qu’elles aient accès à la représentation politique (même la parité paraît très loin !), qu’elles n’aient plus à subir de violences impunies.

Ces questions, vous les avez sûrement toutes et tous en tête aujourd’hui. Cette année toutefois, le Forum a souhaité inviter les participants à réfléchir à la façon de « Libérer le potentiel des femmes entrepreneurs ». Aude de Thuin, fondatrice du Women’s Forum qui se tient chaque année à Deauville, était venue l’an dernier partager son expérience avec les femmes libanaises autour de son un ouvrage qui évoquait déjà cette problématique : « femmes, si vous osiez ! ».

La place des femmes dans l’entrepreneuriat est au cœur des enjeux économiques du monde arabe. Elles doivent prendre toute leur place dans le contexte économique actuel. Encouragées par les gouvernements et le secteur privé, c’est un défi qu’elles peuvent relever. Les femmes au Liban bénéficient à la fois d’une liberté plus grande que dans la plupart des pays de la région, mais restent en même temps sous représentées dans le monde du travail. En 2012, la publication The Economist plaçait le Liban en 79e place pour les opportunités économiques des femmes dans 128 pays du monde, et au 6e rang des pays de la région. Alors qu’elles accèdent largement à l’éducation, les femmes libanaises occupent une faible part des emplois de cadres supérieurs.

Ce choix de débattre de la place des femmes sur la scène économique est donc particulièrement pertinent. C’est peut-être là in fine que réside, au Liban comme dans les autres pays du monde, la clef d’une réelle reconnaissance de l’égalité entre hommes et femmes.

Je vous remercie.

Dernière modification : 24/06/2013

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