Allocution lors des 4èmes rencontres des cadres dirigeants de la Fonction publique libanaise - 15 mars 2013

Madame la directrice de l’Institut des finances Basil Fleihan, chère Lamia Moubayed Bissat,
Excellence, Monsieur Damianos Kattar,
Mesdames et Messieurs les Directeurs généraux,
Mesdames et Messieurs, chers amis,

C’est pour moi un plaisir de participer à la session d’ouverture des 4èmes Rencontres des cadres dirigeants de la fonction publique, et de retrouver à l’Institut des finances des amis, avec lesquels il est toujours stimulant de dialoguer.

Il n’est plus nécessaire, je pense, de vanter les mérites de cette initiative, qui offre aux cadres de la fonction publique libanaise, depuis quatre ans, une occasion privilégiée d’échanger des expériences et de confronter des idées. Je constate à la lecture du programme des séminaires qui vous sont proposés que, comme les années précédentes, les thèmes retenus sont au cœur des défis que doit relever l’administration :
- la réforme des finances publiques, pour donner à l’État les ressources lui permettant d’agir,
- la conduite du changement dans l’administration, et la mobilisation des hommes et des femmes qui la servent,
- la lutte contre la corruption enfin, pour tenter d’en comprendre les mécanismes et d’en chiffrer le coût afin de mieux déterminer les solutions envisageables.

Ces questions sont au cœur de la réforme de l’État que le gouvernement libanais a commencé d’entreprendre. C’est un défi immense, tant le divorce semble grandir entre les citoyens et l’Etat. Mais je crois que, malgré les difficultés, vous avez raison, Madame la directrice, de rester résolument optimiste ou, plutôt, positive. Quel que soit le jugement que l’on porte sur l’état des lieux, l’inaction n’est pas une option. Il faut toujours chercher des solutions. Ce divorce, en effet, ne tient pas à une remise en cause idéologique du rôle de l’État ; il exprime au contraire de la part des citoyens un désir de plus d’État et d’un État efficace et impartial, servi par une administration compétente et intègre, qui soit un arbitre placé au-dessus des intérêts partisans ou confessionnels.

La refondation d’une administration compétente et intègre, c’est le défi que relève depuis plus de quinze ans l’Institut des finances. L’Institut agit, certes, dans les limites de son mandat, la formation des personnels du ministère des finances. Mais les questions qu’il aborde, les méthodes qu’il met en œuvre, et les résultats encourageants qu’il a obtenus (je pense en particulier à l’administration des douanes) en font un centre de formation qui peut et doit servir de référence pour l’ensemble de la fonction publique.

Je me réjouis que l’École nationale d’administration reste, cette année encore, avec le plein soutien de l’Ambassade de France, l’opérateur de ces rencontres. L’ENA a en effet bien compris les enjeux de ce programme et elle sélectionne avec beaucoup d’attention les experts qui en animent les sessions de travail. Il s’agit d’experts dont la compétence est reconnue dans leur domaine. Ils ont eu à conduire des politiques de changement, soit au sein de l’administration française, soit au sein d’organisations internationales et ils ont mené, en parallèle, des activités de recherche ou d’enseignement qui leur ont donné le recul nécessaire pour juger de leur action. Il est important, bien entendu, que ce vivier d’experts se renouvelle, c’est une exigence que l’Institut des finances et l’ENA partagent certainement.

Pas plus qu’une équipe qui gagne, on ne change un programme qui réussit. Cependant, je sais, chère Lamia, que vous envisagez de le faire évoluer ; vous songez à lui donner une dimension régionale. Sachez que pour ma part, je suis très favorable à cette idée. Elle est cohérente avec le rôle de coordination que joue l’Institut Basil Fleihan au sein du réseau GIFT MENA. Votre offre de service ne pourra qu’être appréciée par les États de la région, dont l’une des priorités sera de reconstruire des administrations compétentes et efficaces.

Mesdames et Messieurs les auditeurs de la promotion 2013, je souhaite que vous retiriez des séminaires que vous allez suivre tout le profit que vous en attendez pour le plus grand bénéfice des administrations que vous servez.
Je me réjouis pour ma part d’être l’un des vôtres ce matin, pour écouter avec vous la Conférence inaugurale que va nous donner dans quelques minutes M. Damianos Kattar, dont je connais le talent et la liberté de ton.

Merci à tous.

Dernière modification : 20/06/2013

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