Allocution lors de la Commémoration du 11 Novembre 1918 - Cérémonie du 11 novembre 2013 – Cimetières militaires français de Beyrouth

Monsieur le représentant du commandant en chef des Forces armées libanaises,
Madame et Messieurs les Conseillers de l’Assemblée des Français de l’Etranger,
Messieurs les Anciens combattants,
Monsieur le Colonel Loïc Mizon, Commandant la « Force Commander Reserve » de la FINUL et représentant du général Jean-Jacques Toutous, chef d’état-major de la FINUL,
Mesdames et Messieurs,

Je tiens d’abord à vous remercier d’être venus nombreux aujourd’hui pour commémorer la fin des combats de la Première Guerre Mondiale. Je salue la présence des ambassadeurs et des représentants de pays ex-Alliés ou anciens belligérants, ainsi que les officiers libanais d’active et de réserve venus, aux côtés des anciens combattants français, pour honorer la mémoire de toutes les victimes tombées lors de ce conflit. Je remercie également les représentants de notre contingent de la FINUL pour leur participation à cette cérémonie à la mémoire de leurs anciens morts pour la France. Je salue tout particulièrement les écoles et les écoliers qui, en s’associant à cette cérémonie, gardent l’histoire en mémoire pour mieux construire l’avenir, un avenir de paix auquel nous aspirons tous et qui doit être l’avenir de nos jeunes générations.

Il y a 95 ans, à 5 heures du matin, le 11 novembre 1918, la France et l’Allemagne signaient à Rethondes l’armistice mettant un terme à plus de quatre ans de guerre. Quatre années de combats d’une violence et d’une ampleur jamais connues auparavant, qui ravagèrent le continent européen tout entier, et même au-delà, jusqu’au Proche-Orient. 20 millions de morts, 21 millions de blessés, dont 6 millions d’invalides à vie, 3 millions de veuves, 6 millions d’orphelins. Ces chiffres, par leur démesure, disent l’horreur qu’ont vécue tous les peuples engagés dans cette guerre mondiale.
Nous nous réunissons aujourd’hui pour exprimer notre reconnaissance et notre respect à ceux qui se sont battus, à ceux qui se sont sacrifiés pour défendre la France. A ces soldats français, de métropole et d’outre-mer, mais aussi à ces soldats britanniques et du Commonwealth, à ces soldats américains, à ces soldats de tous les pays alliés qui se sont battus en Europe et dans le monde, pour notre liberté, pour notre pays, pour toutes les valeurs qu’il incarne et qu’il fallait sauvegarder.

Mais nous nous réunissons aussi, comme en témoigne la présence des représentants de pays ennemis au cours de cette guerre, mais aujourd’hui réconciliés et amis au service de la Paix, pour saluer la mémoire de tous les soldats fauchés par millions lors de ce conflit planétaire.

Emportés par cette guerre civile européenne qui était devenue guerre mondiale, ces soldats se sont aussi battus sur le front du Proche-Orient. C’est ainsi que les quelque 7000 soldats du Détachement français de Palestine et de Syrie, créé durant l’été 1917 et inséré aux forces britanniques de l’Egyptian Expeditionary Force, prirent part aux combats de Palestine de l’automne 1918. Ce détachement, qui comptait de nombreux volontaires locaux dans ses rangs, termina sa campagne au Liban où il entra dans Beyrouth le 7 octobre 1918.

L’effroyable hécatombe et les destructions immenses que causa la Première guerre mondiale et le fait que, bien qu’elle devait être « la der des der », elle fut suivie un peu plus de 20 ans après par une autre guerre mondiale encore plus meurtrière, doivent nous rappeler combien la paix est un bien aussi précieux, aussi irremplaçable que fragile.

Même en paix, la paix n’est jamais acquise définitivement et sans efforts, même en paix, le combat pour la paix est un combat de tous les instants, un combat sans cesse recommencé et à l’issue incertaine.

Ce combat, le Liban le connaît trop bien et le connaît encore aujourd’hui, devant résister aux divisions, aux tensions alimentées, ravivées par la guerre civile en Syrie et qui menacent sa paix intérieure. Je salue la mémoire de tous les Libanais, tombés au cours de l’année écoulée, en particulier lors des attentats terroristes de l’été dernier. Je salue aussi la mémoire de ceux qui se sont sacrifiés, en particulier les membres des Forces armées libanaises, pour préserver la paix du Liban et la sécurité des Libanais.

Ce combat passe aussi par la réconciliation et le dialogue. C’est la voie que les nations européennes, que les ennemis d’hier ont choisie, tournant le dos aux haines, à la violence et aux destructions, pour regarder vers l’avenir, vers la vie. Certes, cette voie a exigé et exige encore de la volonté et des efforts, mais c’est la seule qui conduit à la paix.

Aujourd’hui au Proche-Orient et au Liban, c’est la voie que la France veut montrer et éclairer, de concert avec les nations et les organisations internationales qui partagent et promeuvent ces valeurs de paix.

C’est le sens de la présence de ses soldats, engagés au service de la Paix au sein de la FINUL, et c’est le sens de son soutien au Liban, face aux tensions régionales et aux risques de déstabilisation. Il était donc très important de célébrer la mémoire des soldats français tombés au service de la paix au Liban, notamment en ce trentième anniversaire de l’attentat du Drakkar qui coûta la vie à 58 soldats français le 23 octobre 1983. La venue du ministre délégué chargé des anciens combattants, M. Kader Arif, représentant le gouvernement français, puis du député Alain Marsaud, étaient importantes pour marquer ce triste anniversaire.

Aujourd’hui en honorant nos morts, nous disons à nos « poilus » qu’ils ne seront pas oubliés, malgré le temps qui passe, le monde qui change et l’histoire qui avance, et nous témoignons notre reconnaissance éternelle à ceux qui ont sacrifié leur vie pour notre liberté. Nous témoignons aussi, par notre attachement indéfectible aux valeurs de paix, combien leur sacrifice n’a pas été vain.
Je cède maintenant la parole à quatre écoliers qui vont nous lire des poèmes de « poilus », pour nous rappeler ce que fut l’enfer de cette guerre.

Je vous remercie.

Dernière modification : 12/02/2014

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