Allocution de l’Ambasseur lors de l’ouverture du Forum de la presse francophone de l’OIF Vendredi 31 octobre 2014

Monsieur le Ministre,
Monsieur le responsable des programmes média à l’Organisation Internationale de la Francophonie,
Mesdames et messieurs,

Je suis très heureux que le Liban accueille, grâce à l’OIF et à l’Institut Français du Liban, le premier Forum de la presse éditée en français dans les pays arabes.

Les études prévoient un fort accroissement du nombre de francophones dans le monde, en particulier en Afrique, dans les prochaines années. Selon l’Observatoire démographique et statistique de l’espace francophone, ils seront plus de 700 millions en 2050 et Jacques Attali, dans son rapport au président de la République en août dernier, mettait en avant la francophonie comme moteur de croissance durable.

Réjouissons-nous de ces perspectives ! Nous sommes tous attachés à la place du français dans les médias de la région qui, au-delà de la langue, ont aussi, peut-être, une façon différente de traiter l’actualité.

Je remercie le ministre de l’information, M. Ramzi Joreige, de sa présence ici parmi nous, qui traduit son soutien à la francophonie et à la place des médias francophones dans le pays.

Je remercie les participants sont venus de loin parfois : Hicham Mourad, du journal égyptien Al-Ahram hebdo, Mohammed Benabid, de l’Economiste du Maroc, Taeb Zahar, du journal tunisien Réalités, Nadia Lamarkbi, du magazine Africa 24, sans oublier Delphine Minoui, du Figaro, de retour au Liban qu’elle connaît très bien.

Au Liban comme dans toute la région Afrique du Nord–Moyen Orient, le français doit trouver sa place parmi les titres en arabe ou, parfois, en anglais. Le Liban a une presse francophone riche et diversifiée. Il suffit de regarder dans les kiosques et les librairies les sujets couverts par les titres francophones : L’Orient-le Jour, quotidien francophone de référence, n’a-t-il pas célébré cette année ses 90 ans ? Mais la famille est plus grande, puisqu’elle comprend aussi L’Hebdo magazine, le seul hebdomadaire francophone au Liban, le mensuel économique Le Commerce du Levant , Elle orientale, Femme magazine, Masculin, Allo Parents, Déco Magazine, Noun, Prestige, Spécial, l’Agenda Culturel et bien sur le célèbre Mondanités. J’en oublie peut-être !

On présente parfois la francophonie comme étant en déclin au Liban et dans le monde. Je n’en suis pas si sûr ! Certes, la presse écrite souffre et la presse francophone n’est pas épargnée, mais le français attire des publications en arabe, puisque deux quotidiens, Al Nahar, qui a mis en ligne une version web en français, et Al Safir, qui a lancé un supplément mensuel en français, ont rejoint le groupe des médias qui s’adressent en français à leur lectorat.

La presse doit aujourd’hui relever de nouveaux défis avec le web. Le numérique oblige à investir dans de nouveaux supports de lecture, de nouvelles équipes dédiées, alors même que les modèles économique rentables n’ont toujours pas été trouvés. Il faut rechercher le juste équilibre entre les contenus gratuits et ceux qui peuvent être payants sans menacer l’édition papier, alors que la région connaît conflits et tensions qui ne rassurent pas les annonceurs : la plupart des titres sont touchés, parfois durement, depuis trois ans, par la chute des revenus publicitaires. Mais les nouveaux lecteurs se recrutent sur le web parfois très loin du lieu de publication, lorsqu’il s’agit de la diaspora d’un pays qui veut rester connectée à ses racines. C’est un nouvel univers dont nous ne connaissons pas encore toutes les règles et potentialités.

Ce qui est certain, c’est qu’il existe un marché auprès des populations francophones. Edouard Monin, PDG d’IPSOS MENA, l’évoquera dans sa présentation. Je souhaite que ce forum vous permette de partager expériences et approches, certainement différentes d’un pays à l’autre, afin de réfléchir ensemble aux nouveaux enjeux économiques de la presse francophone de la région.

Bons travaux et très bonne journée !

Dernière modification : 26/11/2014

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