Allocution de l’Ambassadeur à l’Association des Commerçants de Beyrouth Vendredi 31 octobre 2014

M. le Président de l’Association des Commerçants de Beyrouth, Nicolas Chammas,
M. le Président du Conseil d’administration de la banque Blom, Saad Azhari,
M. le Directeur Général, Nabil Hatem,
Mesdames et Messieurs,
Chers amis,

Je remercie l’Association des Commerçants de Beyrouth pour son invitation. Je suis très heureux d’intervenir devant les opérateurs économiques libanais et d’avoir l’occasion de présenter ma vision du Liban et des perspectives qu’il offre. La région traverse de fortes turbulences qui ont de lourdes conséquences pour le Liban. Les événements de Tripoli nous l’ont rappelé de façon éloquente. Cette instabilité ne doit pas et ne peut être ignorée. Mais elle ne doit pas faire oublier que le marché libanais reste attractif pour les entreprises françaises, notamment les PME.

Le pays a su maintenir sa croissance, y compris au plus fort de la crise financière, même si elle s’est ralentie depuis 2011. Le fait que la situation économique et financière du Liban soit restée favorable dans un contexte volatil souligne la résilience de ce pays, qui tient notamment à la présence d’une main-d’œuvre qualifiée et à la contribution des Libanais expatriés à l’économie de leur pays d’origine. La conjoncture est aujourd’hui moins favorable qu’il y a trois ans mais des signaux positifs en termes de croissance sont perceptibles. Alors que la croissance PIB n’a pas dépassé 1,5% en 2013, le FMI estime qu’elle pourrait s’établir à 1,8% en 2014 et prévoit qu’elle atteindra même 2,5% en 2015. Cette croissance, insuffisante mais positive, est encouragée par le dynamisme du secteur financier, du secteur privé et par les transferts des expatriés.

Je ne crois pas qu’il soit nécessaire, devant une telle audience, de faire une présentation plus détaillée de l’économie libanaise, que vous connaissez tous. Je souhaiterais surtout vous parler de l’image qu’en ont les entreprises françaises.

Je participais, pas plus tard que lundi dernier, à une réunion France-Liban organisée par le MEDEF International à Paris, à laquelle ont participé un nombre important d’entreprises françaises et libanaises et nombre d’entre vous : nous ne nous quittons plus ! Comme vous en avez tous conscience, les images du Liban qui arrivent jusqu’en France sont rarement rassurantes, notamment ces derniers temps. Vous savez combien ces images nourrissent des perceptions qui sont tout à fait détachées de la réalité de l’économie. C’est précisément pour cette raison qu’il est essentiel de porter jusqu’en France un message d’encouragement aux entreprises.

L’Etat ne peut pas se substituer à ces dernières mais il peut jouer un rôle utile de catalyseur (d’électricien ?) en éclairant les acteurs économiques sur la situation qui prévaut au Liban, sur les conditions politiques et sécuritaires.

< p align ="justify"> Nous pouvons, par exemple, expliquer aux PME qu’elles n’ont pas nécessairement besoin de s’implanter physiquement pour développer des partenariats au Liban et qu’il importe avant tout de trouver les bons partenaires. L’ancienneté et la multiplicité des relations nouées entre partenaires libanais et français le démontrent si besoin était. Nous incitons donc nos entreprises à venir sur le marché libanais et à profiter de l’extraordinaire richesse du Liban en ressources humaines, en expertise et en dynamisme, dans le secteur du commerce et des services, notamment. La grande proximité culturelle entre nos deux pays est un autre argument de poids. Enfin, il ne faut pas oublier qu’avec un PIB par habitant en moyenne légèrement supérieur à 10 000$, le Liban est un pays où le pouvoir d’achat d’une partie non négligeable de la population attire fortement les entreprises françaises.

J’aimerais dire un mot sur nos échanges bilatéraux. La France est un partenaire commercial de premier plan pour le Liban et nos opérateurs économiques confirment chaque jour leur engagement dans ce pays. Le volume de nos exportations a atteint 1,28 Md€ en 2013, soit à peu près autant qu’en Egypte. Le Liban constitue le septième excédent commercial de la France dans le monde et l’année passée, la France était le deuxième fournisseur du Liban derrière la Chine et devant l’Italie, avec une part de marché de 8,5%. Le nombre d’entreprises qui ont exporté au Liban en 2013, à plus de 90% des PME, est proche de 4 600. C’est plus que vers l’Egypte ou l’Arabie Saoudite.

Les chiffres l’attestent, le Liban constitue une excellente vitrine du savoir-faire français. C’est un marché porteur mais aussi un formidable tremplin commercial vers les marchés du Moyen-Orient et du continent africain grâce au dynamisme bien connu de la diaspora libanaise. Le pari du développement régional est celui fait par de plus en plus d’entreprises. Je vous encourage à porter ce message et à vous présenter non pas seulement comme des partenaires pour le Liban mais aussi des partenaires pour toute la région. Vous ferez ainsi réfléchir les entreprises aux avantages que le marché libanais peut leur apporter, au-delà du territoire libanais même. Je crois d’ailleurs que ce message peut se révéler encore plus porteur dans les secteurs du commerce et des services au sein desquels vous opérez.

Cela étant, nous pouvons toujours faire mieux pour intensifier les échanges commerciaux entre nos deux pays. Comme vous le savez, la diplomatie économique est une des priorités annoncées par Laurent Fabius dès son arrivée au Ministère des Affaires Etrangères et du Développement International. Depuis sa nomination, le ministre a souhaité remobiliser tout l’appareil diplomatique français dans ce qu’il appelle précisément la diplomatie économique.

Au Liban, comme dans chaque pays où nous avons une ambassade, nous avons mis en place un plan d’actions économiques détaillé, définissant des objectifs et une feuille de route précis. Les services concernés de l’ambassade se réunissent régulièrement, depuis plus d’un an, avec des dirigeants d’entreprises français et libanais au sein d’un Conseil économique et participent pleinement, ensemble, à la mise en œuvre de ce plan d’actions.

Les membres de ce Conseil économique sont unanimes : le moment est venu de compléter et d’élargir ce qui a été fait jusqu’à présent. Cela se traduit notamment par la déclinaison des actions programmées par le Bureau UBIFRANCE présent au sein de notre ambassade ou par d’autres acteurs comme le Mouvement des Entreprises et Représentations Economiques Françaises au Liban ou MEREF. Il peut s’agir de manifestations commerciales organisées au Liban, comme des rencontres entre entreprises françaises et libanaises dans le secteur de la santé, de la franchise ou de l’agriculture, ou du soutien à la participation d’entreprises françaises à des salons professionnels comme Horeca et Project Lebanon, ou encore de l’organisation de « journées pays ». Il peut également s’agir d’événements organisés en France afin de sensibiliser les entreprises françaises sur le potentiel du Liban et mobiliser celles d’entre elles qui ne sont pas ou qui sont peu présentes sur le marché libanais.

L’année 2014 a ainsi été marquée par un défi, celui de rencontrer un nombre important d’entreprises sur le territoire français et leur présenter des éléments qui leur permettent de penser au marché libanais pour développer leurs activités à l’export. Je me suis rendu, en compagnie d’Henri Castorès, Directeur du Bureau UBIFRANCE au Liban, à Marseille et Paris et me rendrai d’ici la fin de l’année à Strasbourg, Amiens et Lille pour présenter aux entreprises les atouts du Liban. C’est, à ce stade, plus d’une centaine d’entreprises qui ont été sensibilisées. Suite à ces journées, de nouvelles relations d’affaires ont pu voir le jour. Cela s’est également traduit par des actions de sensibilisation sur de grands salons régionaux, comme Arab Health, Beauty World, GITEX ou CABSAT, pour ne citer que ceux-là.

Le Liban est durement touché par la guerre qui ébranle la Syrie et l’Irak voisins. Toutefois, les affaires continuent à se développer malgré ce contexte difficile. Les autorités françaises, et la communauté internationale dans son ensemble, sont aux côtés du Liban pour le soutenir.

Je vous remercie encore pour votre invitation, je suis disposé à répondre à vos questions et à échanger sur ce que nous pourrions faire et mieux faire ensemble pour promouvoir les échanges bilatéraux dans les secteurs du commerce et des services. Je serai heureux de recevoir vos idées et commentaires d’experts sur la façon dont nous pourrions innover et mettre en œuvre de façon encore plus efficace notre diplomatie économique au Liban. Merci de votre attention.

Dernière modification : 26/11/2014

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