Allocution de l’Ambassadeur à l’occasion de la cérémonie de remise des diplômes DELF et DFP et des habilitations correcteurs-examinateurs DELF dans le cadre du FSP « Consolidation et développement de la francophonie au Liban », le jeudi 9 octobre 2014 à l’IFL

Docteur Fadia Kiwan, Représentante personnelle du chef de l’Etat pour la francophonie,
Monsieur le Général Dureid Zahreddine, Directeur de l’Instruction de l’Armée libanaise,
Monsieur le Général Ibrahim Basbous, Directeur général des Forces de Sécurité Intérieure
Monsieur le Général EL HAJJAR, Directeur de l’Académie de Police d’Aramoun
Monsieur le Colonel Maher EL HALABI, chef du bureau de la formation des Forces de Sécurité Intérieure
Monsieur le général Joseph OBEID, représentant M. le Général Abbas IBRAHIM, Directeur de la Sûreté Générale
Monsieur Raymond EL KHOURY, Chef de cabinet du Directeur Général des douanes M. Chafic MERHI,
Messieurs les représentants des Ministères de l’Education, de la Culture, du Tourisme et du Centre de Recherche et de Développement pédagogique
Messieurs les représentants de l’Institut des Finances Basil Fuleihan,
Messieurs les représentants du Barreau de Beyrouth
Mesdames et Messieurs les officiers et sous-officiers,
Mesdames et Messieurs les instructeurs et formateurs,
Mesdames et Messieurs,
Chers amis,

Je suis très heureux de vous accueillir à l’Institut français pour remettre aux agents de l’Etat libanais les Diplômes d’Etude en Langue Française et les Diplômes de Français Professionnel obtenus en 2014.

Le Liban a signé en 2010 un pacte linguistique avec l’Organisation Internationale de la Francophonie. Les autorités libanaises ont ainsi exprimé leur attachement à la langue française et leur volonté d’en maintenir et développer la présence, dans tous les secteurs et sur l’ensemble du territoire.

Pour soutenir la réalisation de ce projet, la France a mis en œuvre un fonds de solidarité prioritaire d’un million d’euros. Dans le cadre d’un partenariat étroit avec les institutions libanaises, ce FSP « consolidation et développement de la francophonie au Liban » contribue depuis 2012 au renforcement de la langue française dans le secteur éducatif, l’administration publique, les médias et le monde professionnel.

Comment renforcer la francophonie au Liban, en particulier dans l’administration publique et le secteur éducatif ? La réponse est dans une combinaison de moyens.

D’abord en offrant la possibilité aux cadres et agents de l’Etat d’utiliser le français pour développer de nouvelles compétences professionnelles, et les développer dans un cadre de coopération. Je citerai la coopération exemplaire entre nos institutions de défense et de sécurité intérieure. Entretenir la francophonie dans les Forces Armées Libanaises est en effet une condition indispensable à la bonne marche et à l’efficacité de notre coopération bilatérale, en particulier dans le domaine de la formation. Etre capable de se parler et de se comprendre entre militaires, c’est pouvoir transmettre une expérience et des savoir-faire utiles au renforcement des capacités opérationnelles des Forces armées libanaises et à l’accomplissement de leurs missions. Il en est de même pour les Forces de Sécurité Intérieure, la Sûreté Générale, la Sûreté de l’Etat et les Douanes. Le FSP Francophonie concourt depuis 2012 à la formation linguistique de ces personnels, et surtout à la formation des instructeurs de français propres à ces institutions.

Dans de nombreux secteurs de la vie économique et culturelle du Liban, l’usage du français est également une nécessité professionnelle. Pour les magistrats et avocats, une connaissance active du français est à la fois un outil d’approfondissement du droit, puisque le droit libanais reste fortement inspiré du droit français, et aussi un instrument d’élargissement de leurs contacts professionnels. Ainsi 30 avocats du Barreau de Beyrouth, 23 avocats du Barreau de Tripoli et 24 magistrats de l’Institut d’Etudes Judiciaires ont pu suivre des cours de français juridique et/ou préparer le DELF.

Des cours de français des finances ont été proposés aux fonctionnaires du Ministère des finances et des institutions qui leurs sont rattachées, ainsi que des cours de préparation au DELF. Le partenariat étroit entre l’Institut des Finances Basil Fuleihan et l’Institut français du Liban a rencontré un vif succès auprès des agents concernés : près de 90 fonctionnaires en ont bénéficié jusqu’à aujourd’hui et l’Institut des Finances souhaite maintenant former ses propres formateurs de français afin de pérenniser ce programme au-delà du FSP Francophonie.

Dans le secteur du tourisme, il s’agit de permettre aux guides et aux hôtesses d’accueil certifiés par le ministère du Tourisme d’exercer leurs métiers auprès d’une clientèle francophone. Des cours de préparation au DFP, Diplôme de Français Professionnel, option tourisme, délivré par la Chambre de Commerce et d’Industrie de Paris-Ile de France ont donc été proposés à Beyrouth et à Jounieh.

Dans le domaine culturel, le FSP Francophonie a permis à 42 responsables de bibliothèques du réseau du ministère de la Culture de suivre des cours de français professionnel à Beyrouth, à Saida et à Nabatiyeh. Outre le développement de l’usage du français, ces stages de formation visent un renforcement des compétences professionnelles. Un programme de formation sera également lancé au mois d’octobre à l’attention des agents du ministère de la Culture qui exercent leur métier dans un contexte plurilingue et peuvent être amenés à monter des projets avec leurs homologues des pays francophones.

Au sein du système éducatif libanais, la langue française doit être attractive, aux côtés des autres langues du Liban. C’est pourquoi le FSP Francophonie appuie le CRDP dans le renouvellement des pratiques pédagogiques, la rénovation des curriculums et manuels et la formation continue des enseignants.

Au total, tant dans le secteur éducatif que dans celui de l’administration publique, le programme de formation mis en place grâce au FSP Francophonie a permis à près de 530 agents de l’Etat libanais de suivre des cours de français, généraliste ou de spécialité. Afin de favoriser la pérennité de ces programmes, il a aussi permis la formation de 38 formateurs de français au sein de l’Armée libanaise, des Forces de Sécurité Intérieure, de la Sûreté Générale, des Douanes et du CRDP. Ces nouveaux formateurs sont déjà en exercice et certains ont participé à la préparation linguistique des diplômés de cette année.

Les nouveaux formateurs du CRDP, en particulier, sont doublement à l’honneur puisque non seulement ils ont passé avec succès l’habilitation correcteur-examinateur du DELF mais sont aussi directement responsables de la réussite au DELF des 134 enseignants du préscolaire qu’ils ont formés en 2013.

Cette cérémonie solennelle de diplomation concerne 245 diplômes DELF et DFP ainsi que 8 habilitations correcteur-examinateur DELF. Outre les 8 nouveaux formateurs du CRDP et les enseignants du préscolaire que je viens de citer, ont aussi passé ces examens avec succès : 3 sous-officiers et un soldat des Forces Armées Libanaises, 20 policiers des FSI, 15 policiers de la Sûreté Générale, 2 officiers de la Sûreté de l’Etat, 4 douaniers 29 agents du ministère du Tourisme, 21 agents des Finances et 16 avocats du Barreau de Beyrouth.

Je tiens à féliciter très chaleureusement chacun pour sa réussite et remercie tous les acteurs de ce programme dont le succès est collectif : le Ministère de la Culture, le Ministère de l’Education et de l’Enseignement Supérieur, le commandement des Forces Armées Libanaises, la Direction générale des FSI, la Direction générale de la Sûreté Générale, la Direction générale de la Sûreté de l’Etat, la Direction générale des Douanes, le Ministère du Tourisme, le CRDP, l’Institut des Finances Basil Fuleihan, le Barreau de Beyrouth et l’Institut Français du Liban ainsi que l’ensemble des services de coopération de cette ambassade.

La francophonie est portée par une langue en partage. C’est l’objet de ces formations. Elle se veut aussi porteuse de valeurs communes : démocratie, respect de la diversité culturelle, dialogue… Nous nous devons de les cultiver dans nos relations.

Pour finir, et avant de lui céder la parole, je tiens à remercier personnellement le Dr Fadia Kiwan, représentante personnelle du Chef de l’Etat pour la Francophonie, pour son implication sans faille dans la mise en œuvre du Pacte linguistique et de l’ensemble des projets soutenus par le FSP Francophonie.

Dernière modification : 14/10/2014

Haut de page