Allocution prononcée lors de la décoration au grade d’Officier des Arts et des Lettres du compositeur M. Elias Rahbani (12 mars 2013)

Excellences,
Mesdames et Messieurs,
Chers amis,
Cher Elias Rahbani,
Je salue aussi votre famille rassemblée autour de vous pour cette occasion.

C’est une joie pour moi de vous accueillir à l’Institut français pour honorer une personnalité exceptionnelle de la musique libanaise, musicien, compositeur, producteur à l’immense talent, qui a su enchanter plusieurs générations de mélomanes au Liban, en Égypte, dans le monde arabe et en France.

Cher Elias Rahbani, vous êtes un homme passionné. Vous avez su saisir l’esprit de votre temps. Vous avez été de toutes les aventures humaines et artistiques. Vous n’avez cessé de créer tout au long de votre vie, en écrivant et en composant près de 6 000 titres. Cela vous confère une place à part dans le panthéon des compositeurs.

Après des études musicales à l’Académie Libanaise et dix années de cours au Conservatoire National du Liban, avec les professeurs Michel Bourgeot pour le piano et Bertrand Robillard pour l’harmonie et la composition, vous vous engagez, dès l’âge de 19 ans, dans de multiples activités : intervenant pour la BBC, conseiller musical à Radio Liban, producteur et conseiller de grandes maisons de disques.

Vous avez une âme de pionnier et une curiosité incontestable : dès 1960, vous introduisez au Moyen-Orient une nouvelle méthode d’enregistrement en studio.

Vous lancez les premières musiques publicitaires au Moyen-Orient. Et en tant que producteur, vous avez un rôle de scout, vous repérez et assurez la notoriété de nombreux talents libanais : citons Manuel qui a remporté le grand prix de la chanson en Grèce, Tony Valère, Eddy Key ou encore Ernie Chammas, un ténor à la voix magique. Directeur et chef d’orchestre, auteur-compositeur, vous mariez les genres, vous inventez de nouvelles formes, vous célébrez les langues dont la langue française qui prend une place considérable dans votre œuvre. Instigateur de la chanson libanaise en langue française, vous ne composez pas moins de 180 chansons en français . Nous vous devons une des premières chansons françaises écrites et composées par un Libanais au Moyen-Orient, avec « Je te jure ». Citons aussi « Que sera ma vie sans toi », « Valse la valse » ou « La dernière danse ».

Artiste pluridisciplinaire, vous êtes aussi l’auteur d’opérettes dont « Ayam Saif » présenté au festival de Beiteddine en 1972. Enfin, vous animez de nombreux programmes de radio et de télévision.

Parallèlement, vous vous produisez régulièrement à l’étranger, notamment avec les frères Rabbani et la fameuse compagnie « Lebanese pop troup ». Vos œuvres sont récompensées par de nombreux prix au Liban et à l’étranger : 3ème prix de musique classique au festival « Jeunesse Musicale » à Beyrouth en 1964, 2ème prix au festival international de la chanson à Athènes en 1969 pour la chanson « La guerre est finie » et des premiers prix dans plusieurs festivals européen. Au Liban, vous recevez la Médaille d’Or pour l’éducation en 1979 et êtes décoré de l’Ordre National du Cèdre en 2003.

Cher Elias Rahbani, cet énoncé donne le vertige : Qu’est-ce que vous ne faîtes pas ?

Ce talent et cette énergie hors du commun, vous avez su les mettre au profit de votre pays et d’événements exceptionnels en composant pour eux des chansons et des hymnes. Comment ici, en ce mois de mars où nous célébrons la francophonie, ne pas citer « L’hymne du Liban à la francophonie » que vous avez créé en l’an 2000 – et dont je vous propose d’écouter un extrait maintenant.

Quel moment serait plus approprié, cher Elias Rhabani, pour vous rendre hommage, et par là même rendre hommage à votre engagement envers la langue française, à votre amour de la France. Depuis Bikfaya où vous avez passé vos vacances d’été, adolescent, bercé par les chansons de Charles Trenet, de Line Renaud, d’Edith Piaf, d’Yves Montand ou de Patachou, à Paris, la ville-lumière que vous avez toujours chérie, et qui ont été, je vous cite « le soleil de (votre) imagination », vous avez forgé une œuvre unique, et contribuez à faire vivre la chanson française au Liban.

Pour l’ensemble de votre œuvre et pour votre rôle unique dans la création artistique et dans la promotion de la langue français, nous sommes très fiers, ensemble, de vous remettre cette distinction tant méritée. Je suis heureux de savoir également que votre œuvre s’enrichit également aujourd’hui des créations de vos enfants et de votre famille.

M. Elias Rahbani, au nom du gouvernement français, nous vous faisons Officier dans l’Ordre des Arts et des Lettres.

Dernière modification : 20/06/2013

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