Allocution de l’Ambassadeur - Assemblée générale de l’UFE Samedi 24 janvier 2015

Chers amis de l’Union des Français de l’Etranger, amis du Liban ou venus de France,

Je voudrais tout d’abord vous présenter tous mes vœux pour 2015, pour vous et tous ceux qui vous sont chers, pour tous ceux en particulier qui s’engagent au service de la collectivité, comme c’est le cas pour vous au sein de l’UFE, tous mes vœux pour les Français du Liban, pour notre pays et bien sûr pour le Liban.

Cette année a commencé par un drame qui a secoué la France et provoqué une onde de choc dans le monde entier. Au-delà de l’émotion face à la mort de 17 personnes dans les circonstances que vous connaissez, je retiendrai l’image de la France rassemblée le 11 janvier, de la communauté internationale rassemblée, pour exprimer un rejet absolu du terrorisme et défendre la liberté d’expression, rendre hommage aux victimes et à la police. Nous retiendrons cette image de la foule exprimant son soutien à ceux qui sont chargés d’assurer la protection des citoyens.

Je voudrais redire combien nous avons été touchés par les manifestations d’amitié et de solidarité de nos amis libanais, par les condamnations qui se sont élevées de toutes parts, de toutes les confessions, de tous les partis.

Si une immense majorité des Français et du monde était Charlie le 11 janvier, tout le monde ne l’a pas été, pour différentes raisons. « Je suis Charlie » était un slogan rassembleur pour défendre les libertés. Au-delà, comme le Premier ministre l’a rappelé, « Je suis Charlie » n’est pas le seul message de la France au monde. Je le cite : « La France porte la liberté d’expression partout mais elle défend aussi d’autres valeurs qui nous sont chères : la paix, le respect des convictions, le dialogue entre les religions ». Voilà de quoi méditer.

C’est événement tragique ne nous a pas fait oublier que le terrorisme sévit dans beaucoup de régions du monde : au Liban, les terroristes ont de nouveau frappé à Tripoli le 10 janvier, et nous avons exprimé notre condamnation et notre solidarité avec les Libanais qui ont payé et paient un prix élevé au terrorisme. Sans faire une énumération exhaustive, je rappellerai aussi le drame qui se joue dans le Nord du Nigeria où Boko Haram sème la terreur.

La France reste engagée dans son combat contre le terrorisme, à l’échelle internationale par son engagement au Mali, en Irak ou ailleurs, en coopération avec ses alliés, sur le plan national, en ayant bien conscience que la guerre contre le terrorisme ne se gagnera pas par les seuls moyens de la force mais nécessite aussi un travail important dans le domaine de l’éducation et en retissant des liens distendus en trop d’endroits de notre société, comme l’a rappelé le Premier ministre.

Ce rendez-vous annuel de l’Union des Français de l’Etranger marque la nouvelle année et aussi le dynamisme d’une association-phare pour la communauté française au Liban, association à la tête de laquelle vous avez œuvré, mon cher Jean-Louis, avec un dévouement exemplaire, prenant la succession de Mme le sénateur Kammermann, fondatrice de l’UFE-Liban.

En qualité de président d’honneur de l’UFE-Liban, je voudrais partager avec vous quelques remarques.

Notre communauté française va bien – il y avait au 31 décembre 2014, 22 920 Français inscrits au registre des Français de l’étranger et un millier en protection. Le consulat s’occupe ainsi de près de 24 000 personnes, dont plus des trois-quarts sont des binationaux. Une augmentation cependant un peu plus faible au cours de l’année 2014 par rapport aux années précédentes, la situation sécuritaire n’y étant sûrement pas étrangère.

Cette année a été importante pour la vie de cette communauté, puisque lors des élections qui se sont tenues en mai dernier, les Français du Liban ont élu, outre les députés au parlement européen, des conseillers consulaires, au nombre de cinq – alors qu’auparavant il avait 3 conseillers élus à l’Assemblée des Français de l’étranger. Le conseil consulaire, c’est certainement une nouveauté pour tous, pour nos compatriotes comme pour l’ambassade ou le consulat, même si les domaines de coopération entre ces élus et le poste restent sensiblement identiques.

Ces cinq conseillers consulaires qui représentent les Français du Liban et de Syrie – sont : votre actuel Président, Jean-Louis Mainguy, Charles Kanaan, Denise Revers-Haddad, Fabienne Blineau-Abiramia et Ghassan Ayoub. Depuis le début de l’été, ils se sont déjà réunis plusieurs fois, sous la présidence de la Consule Générale, pour les toutes les questions relatives à la protection et à l’action sociale en faveur des Français établis dans la circonscription (bourses, aides sociales, Caisse des Français de l’Etranger…) ainsi que pour suivre les activités de l’association française de bienfaisance. Enfin, le Conseil consulaire se réunit également en formation de conseil de sécurité, au moins une fois par an, mais en réalité autant de fois que c’est nécessaire dans un pays tel que le Liban. Des conseillers consulaires très occupés comme vous pouvez vous en rendre compte et je tiens à saluer leur travail, leur implication dans toutes ces commissions. Ils sont une aide précieuse pour le consulat qui ne peut malheureusement pas connaître tous ses compatriotes : leur expertise est indispensable pour prendre les bonnes décisions. Leur connaissance du terrain et des cas particuliers fournit un relais et un éclairage indispensable pour les actions du consulat.

La sécurité, vous le savez, est une priorité constante du poste. Nombre d’entre vous assistent aux réunions régulières du comité de sécurité de l’ambassade. Le consulat organise en outre des exercices de simulation de crise qui permettent à de nombreuses personnes d’être formées à la réponse téléphonique, à l’encadrement des équipes, au rôle qui sera le leur sur le terrain. Ces formations se font avec des agents de la mission diplomatique mais aussi avec des volontaires de la société civile, des associations, le personnel des entreprises françaises. Le but n’est pas d’effrayer nos compatriotes, même si je sais qu’ils ont tous encore en mémoire 2006 ! Ces exercices permettent d’être mieux préparés en cas de nécessité.

Le consulat travaille également sur un projet pilote qui consiste à faire figurer sur une carte très détaillée du Liban le domicile de chacun des Français inscrits au registre, ce qu’on appelle la géolocalisation. Les Français inscrits au consulat ont communiqué leur adresse et c’est à partir de cette information que le consulat pourra pointer sur cette carte le lieu exact de résidence de nos compatriotes. A l’aide du logiciel développé tout spécialement pour ce projet, le système permettra, en cas d’attentat, mais aussi tout autre accident ou catastrophe naturelle par exemple, de tracer un cercle autour du lieu de l’événement et de vérifier si des compatriotes y vivent, les appeler ensuite rapidement pour savoir si tout va bien. Ce sera un grand progrès de pouvoir disposer d’un tel outil de travail qui permettra d’ailleurs aussi de redessiner la carte des îlots de sécurité, par exemple ou celle des circonscriptions électorales. Ce projet sera officiellement lancé le 5 février prochain.

Je tiens à vous redire en conclusion que le poste reste constamment mobilisé au service de nos concitoyens, non seulement pour leur administration au quotidien mais pour assurer leur sécurité.

Je voudrais vous redire tous mes remerciements pour le travail que vous faites au service des Français, pour votre engagement si nécessaire, en interaction souvent avec l’ambassade et ses différents services, pour mieux servir les Français. Je vous félicite pur votre action et vous redis aussi tous mes vœux pour 2015 !

Dernière modification : 25/03/2015

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