Allocution de M. Jérôme Cauchard, Chargé d’affaires a.i. prononcée lors de la messe de l’Assomption célébrée à l’intention de la France - 15 août 2013

Monseigneur,
Messeigneurs,
Messieurs les députés,
Excellences Messieurs les Ministres,
Révérends Pères,
Mesdames, Messieurs,
Chers amis,

Chaque année, la célébration de l’Assomption, occasion de cette messe célébrée à l’intention de la France, nous offre le cadre d’une rencontre chaleureuse et d’un partage de spiritualité entre la communauté maronite et la France.

Permettez-moi, Monseigneur, de vous exprimer le grand bonheur et la fierté que j’éprouve à perpétuer, pour la première fois, cette tradition et à représenter mon pays, en cette circonstance solennelle, conviviale et fraternelle. Votre accueil, votre bienveillance à notre égard, les prières que vous venez d’élever à l’intention de la France nous touchent profondément, mes collègues et moi-même, et nous vous en remercions.

Ce jour est symbolique à bien des égards. Tout d’abord, il nous permet de nous remémorer combien les liens entre le Liban et la France sont forts et restent forts. C’est aussi l’amitié, le respect et la confiance qui existent entre la France et la communauté maronite, que nous célébrons aujourd’hui. Chacun ici présent mesure combien votre communauté n’a cessé de renforcer ces liens séculaires.

La rencontre du Patriarche Raï et du Président François Hollande, le 9 avril dernier, témoigne de l’attachement de la France à l’Eglise maronite. A cette occasion, le président a rappelé la force des liens qui unissent notre pays aux Maronites du Liban et au Patriarcat. Ces liens anciens ont incontestablement créé une convergence et mis en lumière des références communes, je pense notamment au sens critique et au goût de la liberté. Conscient de l’inquiétude des chrétiens pour le respect de leur identité et leur avenir au Liban, le Président de la République a alors souligné toute l’attention portée aux Chrétiens du Moyen Orient, et singulièrement du Liban qui constituent une composante essentielle de la société libanaise, à qui ils donnent cette singulière convivialité que l’on peut qualifier d’exemplaire même si elle a subi épreuves et remous au cours des siècles.

Un religieux avait fort justement souligné que : « La communauté maronite du Liban, accueillie sur cette terre spirituelle il y a bien longtemps, sait d’expérience ce qu’est être chez soi sans exclusion des autres. Qui mieux que vous sait que la foi est l’aube de jours meilleurs lorsque se conjuguent le rationnel et l’affectif, la connaissance et l’espérance, l’engagement et la sérénité ! Nous partageons avec les Libanais de toutes confessions, l’idée que chaque acte d’intolérance est une mutilation de l’âme. Nous savons combien votre communauté œuvre pour un Liban pluriel et tolérant, où règnent le respect et la compréhension mutuelle entre toutes les forces politiques et religieuses du pays.

Monseigneur, depuis un an, le voile sombre de l’incertitude a un peu plus recouvert le Liban. Les actes de violence politique sont réapparus, et avec eux, les blocages politiques. Afin que les Libanais ne risquent pas d’être renvoyés aux heures les plus sombres de leur histoire, la France appelle toutes les parties libanaises à travailler dans un esprit d’apaisement, avec le souci de responsabilité et d’intérêt national.

La France, comme toujours, se tient aux côtés du Liban, sans arrière-pensées. Elle apporte son soutien à l’armée, seule entité légitime à disposer et user de la force armée, comme cela est le cas dans toutes les démocraties.

La France appuie les efforts du chef de l’État, le Général Michel Sleiman, symbole de l’unité du pays. Elle rappelle l’importance du respect de la déclaration de Baabda (du 12 juin 2012), adoptée par les partis politiques libanais et qui consacre le principe de distanciation, pour préserver le Liban des conséquences d’une guerre qui n’est pas la sienne. Il en va de sa stabilité.

Ce soutien à la stabilité, la sécurité et la souveraineté du Liban, nous l’avons exprimé une nouvelle fois le 10 juillet, à travers le Conseil de sécurité des Nations Unies, lors de l’adoption d’une déclaration présidentielle consacrée au Liban, à l’initiative de la France. La France soutient le Tribunal spécial pour le Liban pour mettre fin à l’impunité. Elle est aussi l’un des contributeurs majeurs de la FINUL. Et la France poursuit actuellement ses efforts, aux Nations Unies, pour que la communauté internationale apporte son soutien au Liban.

Les crises, une nouvelle fois, ébranlent la région. Elles rappellent à nouveau au Liban combien il est entouré de convoitises et combien il ne peut, en tant que carrefour des valeurs spirituelles et des entreprises temporelles comme le disait Michel Chiha, se construire totalement isolé des secousses extérieures. Les épreuves ne manquent pas actuellement et l’hospitalité des Libanais à l’égard des réfugiés en provenance de Syrie vous fait honneur. Sachez que la France et l’Union européenne sont à vos côtés pour faciliter cet accueil et vous aider à en supporter les coûts si considérables. Mais le Liban ne doit pas, si vous me permettez d’exprimer notre sentiment, se laisser entraîner dans des conflits qui ne sont pas les siens.

Monseigneur, au Liban, notre coopération est riche et diversifiée. Mais s’il est un domaine qui compte plus que tout, c’est celui de l’enseignement, car il s’agit là de former ce que nous avons de plus cher : nos enfants, notre avenir. Le Liban a toujours été polyglotte, une situation qui est riche de biens des atouts. Mais il a su cultiver son ancrage francophone. Et vous y êtes pour beaucoup, vous qui défendez avec passion la francophonie dans vos écoles et universités. Plusieurs de vos établissements sont d’ailleurs homologués. C’est là la reconnaissance de la qualité des enseignements dispensés en français et du rôle majeur que vous jouez dans le maintien d’une tradition francophone au Liban. Vous contribuez à la transmission de la langue française, qui, bien plus que des mots, porte des valeurs fondamentales, de dignité, de justice, de tolérance, de fraternité et de générosité.

Quel plaisir de voir la francophonie si dynamique au Liban ! Plus qu’une chance, c’est un bonheur de pouvoir échanger autour de mots qui créent des instants de vie en commun. Après le succès, cette année, encore, du mois de la francophonie, nous espérons vous retrouver nombreux au Salon du livre francophone, pour célébrer (une nouvelle fois), la richesse de la littérature libanaise francophone. Permettez-moi de citer l’écrivain franco-libanais Amin Maalouf, dont l’élection à l’Académie Française symbolise aussi les liens entre nos pays : « Chacun d’entre nous devrait être encouragé à assumer sa propre diversité, à concevoir son identité comme la somme de ses diverses appartenances, au lieu de la confondre avec une seule, érigée en appartenance suprême, et en instrument d’exclusion, parfois en instrument de guerre. » (Les Identités meurtrières). A bien y regarder, ces propos définissent le Liban. Pas un Liban idéal ou idéalisé, mais le Liban tel qu’il a souvent existé dans l’histoire.

Je voudrais, avant de terminer, faire une dernière citation qui me semble un utile message en ce 15 août. Le pape Benoît XVI, lors de sa venue au Liban en septembre dernier avait souligné combien :
« L’heureuse convivialité toute libanaise, doit démontrer à l’ensemble du Moyen-Orient et au reste du monde, qu’à l’intérieur d’une nation, peuvent exister la collaboration entre les différentes Églises,(…) dans un esprit fraternel de communion avec les autres chrétiens, et, dans le même temps, la convivialité et le dialogue respectueux entre les chrétiens et leurs frères d’autres religions. » Bien sûr, cet équilibre, ajoutait-il, est extrêmement délicat.

C’est au quotidien qu’il faut le préserver et soyez sûrs que la France restera à vos côtés dans l’accomplissement de ce destin exemplaire et précieux qui est le vôtre.

Monseigneur,

Je tiens à saluer les nombreuses personnalités éminentes qui nous font l’honneur de leur présence aujourd’hui et à vous remercier encore pour votre accueil./.

بيـــروت في 12 آب 2013

خطاب السيد جيروم كوشار
القائم بأعمال سفارة فرنسا
لمناسبة قداس الخامس عشر من آب على نية فرنسا
الذي يحتفل به
سيادة المطران بولس مطر
رئيس أساقفة بيروت للموارنة
الاربعاء في 15 آب 2013

صاحب السيادة،
أصحاب السيادة،
سعادة النواب،
معالي الوزراء،
الآباء الأجّلاء،
حضرة السيدات والسادة،
أيها الاصدقاء الاعزاء،

في كلّ سنة، يقدّم لنا عيد انتقال السيدة العذراء، وهي المناسبة التي نحتفل فيها بقداس على نية فرنسا، إطاراً للقاء ودي ولمشاطرة الطائفة المارونية وفرنسا للقيم الروحية.

اسمحوا لي، سيادة المطران، أن أعبّر لكم عن سروري الكبير واعتزازي العميق لمساهمتي وللمرة الأولى في ديمومة هذا التقليد ولتمثيل بلدي في هذه المناسبة المهيبة والودية والأخوية. إن استضافتكم لنا ومشاعركم الطيبة تجاهنا وكذلك الصلوات التي رفعتموها على نية فرنسا إنّما تؤثر فيّ وفي زملائي وإننا نشكركم على ذلك.

إنّ هذا اليوم لهو يومٌ رمزي من حيث نواحٍ عديدة. بدايةً، إنه يذكّرنا بمدى قوة الروابط التي تجمع بين لبنان وفرنسا وإن هذه الروابط ستبقى قوية. إلى ذلك، نحن نحتفل اليوم بالصداقة والاحترام والثقة الموجودة بين فرنسا والطائفة المارونية. فكلّ فرد موجود هنا يدرك أن طائفتكم لم تنفك عن تعزيز هذه الروابط التي تعود إلى قرون من الزمن.

إن اللقاء الذي جمع البطريرك الراعي إلى الرئيس فرنسوا هولاند في التاسع من نيسان الماضي إنّما يشهد على تمسّك فرنسا بالكنيسة المارونية. وفي هذه المناسبة، ذكّر الرئيس الفرنسي بقوة الروابط التي تجمع بلدنا بالموارنة في لبنان وكذلك بالبطريركية المارونية. إن هذه الروابط القديمة ولّدت مما لا شك فيه تلاقياً، مسلّطةً الضوء على مرجعيات مشتركة. في هذا الإطار، يتبادر إلى ذهني حس النقد والطوق إلى الحرية. وإذ يعي رئيس الجمهورية القلق الذي يساور المسيحيين لجهة احترام هويتهم ومستقبلهم في لبنان، فهو أبدى اهتماماً خاصاً تجاه مسيحيي الشرق الأوسط وبشكل خاص تجاه مسيحيي لبنان الذين يشكلون مكوناً أساسياً في المجتمع اللبناني، الذي ينعم من خلالهم بتعايش فريد من نوعه، يمكن وصفه بالمثالي على الرغم من خوضه تجارب عدّة ومروره بخضاتٍ على مرّ العقود.

أصاب أحد الآباء عندما أشار ذات مرة إلى ما يلي : " إن الطائفة المارونية في لبنان التي استضيفت في زمن بعيد على هذه الأرض الروحانية تدرك انطلاقاً من تجربتها ما معنى أن يتواجد المرء على أرض وطنه من دون إقصاء الآخرين". ومَن أدرى منكم أن الإيمان ينذر بفجر أيام أفضل، عندما يمتزج العقل بالمشاعر والمعرفة بالرجاء والالتزام بالصفاء ! نتشاطر واللبنانيون، من كافة الطوائف، الفكرة التي مفادها أن كل عمل منافٍ للتسامح إنما يشوّه الروح. نحن ندرك إلى إي مدى تسعى طائفتكم جاهدةً في سبيل لبنانٍ متعدد ومتسامح، بحيث يكون واحة للاحترام والتفاهم المتبادل بين كافة القوى السياسية والدينية فيه.

صاحب السيادة، منذ سنة خلت، ألقى طيف الريبة بثقله أكثر فأكثر على لبنان. برزت مجدداً أعمال العنف على المستوى السياسي بموازاة عرقلة العمل السياسي. ولكي يتفادى اللبنانيون استرجاع أحلك الأيام في تاريخهم، إن فرنسا تدعو كل الأطراف اللبنانية، لكن ليس من باب التدخّل في الشؤون اللبنانية، للعمل باتجاه التخفيف من حدة الاحتقان، من خلال التحلي بحس المسؤولية وحرصاً على المصلحة الوطنية.
ستظلّ فرنسا، كما كانت دوماً، إلى جانب لبنان من دون دوافع خفية. فهي تقدّم الدعم للجيش الذي يشكل الكيان الوحيد الشرعي المخوّل امتلاك قوة مسلحة واستخدامها، كما هي الحالة في كل البلدان الديمقراطية.

إن فرنسا تدعم جهود رئيس الجمهورية، العماد ميشال سليمان، وهو رمز وحدة البلاد. كما تذكر فرنسا بأهمية احترام إعلان بعبدا )12 حزيران 2012( الذي اعتمدته كل الأحزاب السياسية اللبنانية والذي يكرّس مبدأ النأي بالنفس، لكي يكون لبنان بمنأى عن تبعات حربٍ ليست حربه، والتي ستنعكس على استقراره.

لقد عبّرنا مجدداً عن دعمنا هذا لاستقرار لبنان وأمنه وسيادته في العاشر من تموز في مجلس الأمن التابع للأمم المتحدة، عبر اعتماد بيانٍ رئاسي مخصص للبنان وذلك بمبادرةٍ فرنسية. إن فرنسا تدعم المحكمة الخاصة بلبنان بهدف وضع حدٍ للإفلات من العقاب. كما هي من ضمن الدول الأساسية المشاركة في قوات اليونيفيل. و إن فرنسا تواصل جهودها في الأمم المتحدة باتجاه تقديم الأسرة الدولية الدعم للبنان.

مرّة أخرى، إن الأزمات تهزّ المنطقة. وهي تذكّر مجدداً كم أن لبنان محاط بالمطامع وبأنه غير قادر على بناء نفسه بنفسه بشكل معزول كلياً عن الخضات الخارجية، كونه يشكّل، على حد قول ميشال شيحا، ملتقى القيم الروحية والمشاريع الزمنية. في الوقت الحالي، كثيرة هي التحديات، واستضافة اللبنانيين للاجئين القادمين من سوريا إنّما هي مدعاة شرف لكم. اعلموا بأن فرنسا والاتحاد الأوروبي يقفان إلى جانبكم لتسهيل هذه الاستضافة ولمساعدتكم على تحمل التكاليف الباهظة المترتبة عنها. ولكن اسمحوا لي أعبر عن مشارعنا والقول أنه يجب على لبنان ألا يُستدرَج إلى نزاعات ليست نزاعاته.

صاحب السيادة، إنّ تعاوننا معكم في لبنان غنيّ ومتنوّع. لكن أكثر مجال أهمية بالنسبة إلينا هو قطاع التعليم، كونه يعني إعداد ما هو أعز شيء على قلوبنا، أي الأطفال، بمعنى آخر مستقبلنا. لبنان كان دوماً متعدد اللغات، ممّا يثريه بميزات عدة. لكن تمكن لبنان أيضاً من ترسيخ فرنكوفونيته وأنتم ساهمتم بحد كبير في ذلك، من خلال دفاعكم بشغف عن الفرنكوفونية في مدارسكم وجامعاتكم. لقد تم توأمة العديد من مؤسساتكم التربوية. وهذا إن دلّ على شيء فهو يدلّ على الاعتراف بجودة التعليم باللغة الفرنسية وبالدور الأساسي الذي تلعبونه في الحفاظ على التقليد الفرنكوفوني في لبنان. أنتم تساهمون بنقل اللغة الفرنسية التي تذهب إلى ما هو أبعد من الكلمات لتحمل قيماً جوهرية، تتمثّل بالكرامة والعدالة والتسامح والأخوة والسخاء.

كم يسرنا أن نرى مدى حيوية الفرنكوفونية في لبنان ! وإن القدرة على التبادل من خلال كلمات تخلق لحظاتٍ من الحياة المشتركة هي أكثر من فرصة، إنّها نعمة. بعد النجاح الذي حققه هذه السنة أيضاً شهر الفرنكوفونية، نأمل أن نلتقي بكم بأعدادٍ كبيرة في معرض الكتاب الفرنسي، للاحتفال )مرةً أخرى( بغنى الأدب اللبناني الناطق باللغة الفرنسية. اسمحوا لي أن أقتبس الروائي اللبناني الفرنسي أمين معلوف الذي يرمز دخوله إلى الأكاديمية الفرنسية إلى العلاقات التي تربط بلدينا : "على كلّ فرد منا أن يتشجّع للإقرار بتنوعه الخاص ولاعتباره عصارة انتماءاته المتنوعة، بدلاً من اختزاله بهويةٍ واحدة ونصبها كالانتماء الأسمى الوحيد وكأداة إقصاءٍ وأحياناً كأداة حرب" )الهويات القاتلة(. إن الإمعان في قراءة هذه الكلمات يتيح الملاحظة بأنها تحدد لبنان. ليس لبنان المثالي أو الذي نود الإضفاء عليه الطابع المثالي، إنما لبنان كما كان عليه في الكثير من حقبات تاريخه.

قبل أن أنهي كلامي، أود أن أقتبس كلاماً آخر قد تكون رسالة مفيدة في هذا النهار الواقع في 15 آب. كان البابا بنديكتوس السادس عشر أشار خلال زيارته إلى لبنان في أيلول/سيتمبر الماضي إلى أي مدى : "يجب على التعايش الرائع اللبناني أن يبرهن إلى منطقة الشرق الأوسط وإلى باقي دول العالم أنه يمكن على أرض وطنٍ أن يوجد التعاون بين مختلف الكنائس، )...( في روح من الأخوة والوحدة مع باقي المسيحيين، وأن نجد في نفس الوقت التعايش وحوار المحترم بين المسيحيين وأشقائهم من الأديان الأخرى". وأضاف : "طبعاً، إن هذا التوازن دقيق جداً".

لا بد من صون هذا التوازن بشكل يومي وكونوا على يقين بأن فرنسا ستبقى إلى جانبكم في مسيرة استكمال مصيركم المثالي والثمين هذا.

صاحب السيادة، أسمحوا لي أن أحيي الشخصيات البارزة التي تشرفنا بوجودها اليوم معنا وأودّ أن أعرب مرةّ أخرى عن شكري العميق لكم لاستضافتكم لنا.

Dernière modification : 13/09/2013

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