Activités de la rentrée 2016 à l’Ifpo

Conférence sur l’archéologie polonaise au Liban, dans le cadre de la coopération franco-polonaise, mardi 20 septembre 2016 à 18h à l’Institut français, suivie du vernissage de l’exposition portant sur les travaux des archéologues polonais (du 20 au 24 septembre).

Le colloque vise à rendre plus proche le contexte de leurs travaux et à mettre en lumière les découvertes non représentées au programme de l’exposition. Sept interventions présenteront entre autres la conservation des mosaïques antiques, l’iconographie des vestiges exceptionnels de peintures de Porphyreon, des méthodes de recherche sur l’habitat de l’Antiquité tardive, et des informations recueillies par les archéologues à la base de l’analyse des découvertes en apparence insignifiantes, comme celles de la céramique ou des revêtements des murs en pierre importés.

Programme du colloque :

  • Prof. Tomasz Waliszewski (Polish Center of Mediterranean Archaeology, University of Warsaw) – People. Places. Monuments. 20 years of Polish-Lebanese Cooperation in the Field of Archaeology.
  • Prof. Krzysztof Chmielewski (Faculty of Conservation and Restoration of Works of Art, Academy of Fine Arts in Warsaw) – Highlights of the Polish-Lebanese Cooperation in the Field of Conservation and Restoration.
  • Prof. Mahmoud el Tayeb (Polish Center of Mediterranean Archaeology, University of Warsaw) – Iqlim el Kharroub. Surveying the Past of the Sidon Hinterland.
  • Julia Burdajewicz (Faculty of Conservation and Restoration of Works of Art, Academy of Fine Arts in Warsaw) – Early Byzantine Wall Paintings from Jiyeh – Iconography and Conservation
  • Dr Mariusz Gwiazda (Polish Center of Mediterranean Archaeology, University of Warsaw) -
  • Anna Tomkowska (Faculty of Conservation and Restoration of Works of Art, Academy of Fine Arts in Warsaw) – Restoring the Early Byzantine Mosaics in Lebanon
  • Dr Michał Dzik (Institute of Archaeology, University of Rzeszów) – Living in late antique Porphyreon. Domestic architecture on the Lebanese coast

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L’exposition se donne pour objectif de rendre plus connus les résultats des travaux de spécialistes, menés sous les auspices de l’Université de Varsovie, de la Direction Générale des Antiquités et de l’Académie des Beaux-Arts de Varsovie. Depuis 1996, sur les sites de Chhîm et Jiyeh (Porphyreon), dans le sud de Beyrouth, des archéologues et étudiants, polonais et libanais, chaque saison révèlent les secrets de la vie des habitants des deux villages antiques, fleurissant dans la période hellénistique, à l’époque romaine et dans l’Antiquité tardive. Des vestiges du temple romain admirablement conservés à Chhîm, un quartier d’habitation à Jiyeh, une mosaïque représentant une lionne, exposée aujourd’hui au Musée national à Beyrouth, voici quelques exemples spectaculaires des résultats de cette longue coopération, dès le début soutenue par l’Institut Français du Proche-Orient. En parallèle des travaux d’archéologues, dans les églises médiévales du nord du Liban, des conservateurs d’art polonais et libanais, préservent de la dégradation des peintures murales, pour ne citer que celles révélées par les découvertes à Kaftoun.

Conférence de Kévin Tréhudic, maitre de conférence à l’université Paris XIII, mardi 27 septembre 2016 à 18h à l’Institut français : Occupation Remains. Usages et mémoires des vestiges archéologiques à Sabastiya (Palestine).

Sabastiya (Samarie-Sebaste) compte sans aucun doute parmi les sites archéologiques les plus importants de Palestine. Capitale du nord à l’âge du Fer et rivale de Jérusalem, la cité fut refondée à l’époque d’Hérode et embellie aux premiers siècles de l’empire romain : c’est de cette époque que datent la plupart des vestiges mis au jour principalement dans le premier tiers du XXème siècle. Pourtant, ce n’est pas une ville romaine, mais la capitale évoquée dans la Bible que venaient retrouver les archéologues et les voyageurs européens dès le XIXème siècle. Les ressorts idéologiques qui les animaient ont contribué à forger l’imaginaire de ce lieu et continuent, en l’absence de fouilles modernes, de peser sur les constructions mémorielles.

Aujourd’hui les colonnades, les ruines des fortifications et des édifices parsèment les terrasses agricoles que les villageois palestiniens continuent de cultiver, mais elles restent sous le contrôle militaire israélien et demeurent sans aménagement véritable, bien que s’y pressent touristes et pèlerins mus par la volonté de contempler les lieux évoqués par la Bible. Face au village et au site archéologique se tient l’une des toutes premières colonies israéliennes, dont le nom « ceux qui reviennent à Samarie » dit assez le programme idéologique qui a fondé son implantation. Aux vestiges antiques à Sabastiya se superposent plusieurs lieux imaginaires façonnés par les discours des archéologues, des colons, des villageois et des visiteurs. Le discours archéologique, qui ampute le village de ses vestiges, considérés comme un espace autonome et arrachés aux mémoires et usages locaux, se donne comme imperméable aux contingences politiques : partant, il peut constituer un instrument d’appropriation de l’espace et alimenter, à son corps défendant, le discours des colons.

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Dernière modification : 25/08/2016

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