33e commémoration de l’attentat du Drakkar - 22 octobre 2016

Trente-trois ans après l’attentat du Drakkar qui causa la mort de 58 parachutistes français, une cérémonie du souvenir devant le monument aux morts de la résidence des Pins a permis de rappeler à la mémoire collective la mort de ces hommes pour la paix au Liban le 23 octobre 1983. La présence remarquée de l’ambassadrice des Etats-Unis, Elizabeth Richard, a permis de souligner combien la douleur de la France était partagée. En effet, 241 Marines avaient été tués, le même jour mais quelques minutes plus tôt, à Beyrouth dans un attentat survenu contre leur caserne.

Côte à côte, un détachement de bérets bleus de la FINUL (tous parachutistes), un autre de bérets rouges français (venus du 1° Régiment de Hussards parachutistes et actuellement en mission d’assistance au profit des forces armées libanaises) et un troisième de l’équipe de Marines en poste à l’ambassade américaine ont illustré la fraternité d’armes de nos pays, au service de la sécurité du Liban.

Cette cérémonie, empreinte d’émotion, fut aussi l’occasion pour l’ambassadeur, monsieur Emmanuel Bonne, de remettre les insignes d’officier de la Légion d’Honneur à l’attaché de défense, le colonel Christian Herrou. L’action du général libanais Maroun Hitti au profit de la relation militaire franco-libanaise a également été mise à l’honneur, ce dernier étant fait chevalier de la Légion d’Honneur par le général de corps d’armée Hugues Delort-Laval.

L’ambassadeur de France a conclu cette commémoration par un discours au cours duquel il a rappelé l’engagement de la France pour le Liban :

Monsieur le Président,
Monsieur le Député,
Mesdames et Messieurs les Conseillers consulaires,
Messieurs les Officiers généraux,
Messieurs les Officiers,
Madame l’Ambassadrice,
Monsieur le général Pierre de Nortbecourt, chef d’état-major de la FINUL,
Monsieur le général Delort-Laval, chargé des Relations internationales à l’Etat-Major,
Chers amis,

Nous nous réunissons aujourd’hui pour une occasion qui est toute particulière. Vous la connaissez. Nous nous réunissions chaque année pour nous souvenir et c’est bien cela que nous voulons faire aujourd’hui encore.

Aujourd’hui nous faisons notre devoir de mémoire. Nous nous souvenons d’un 23 octobre 1983 lorsqu’à 6h20 du matin, nos amis américains ont été attaqués dans leur quartier-général ; lorsque quatre minutes plus tard nos soldats ont été attaqués dans l’immeuble du Drakkar et ont laissé 58 des leurs morts sur place.

Nous devons conserver et chérir cette mémoire parce qu’elle est celle de notre sacrifice, de notre courage, de l’engagement de nos soldats dans cette région du Moyen-Orient, au Liban, toujours pour la même cause : celle de la paix, de la sécurité et de la stabilité.

Cette mémoire c’est celle de notre douleur, de notre deuil, mais c’est aussi celle des responsabilités et nous n’oublions pas que cela nous oblige dans la manière dont nous agissons aujourd’hui a toujours prendre le parti de la paix, de la stabilité et de la sécurité.

Ces valeurs que nous célébrons aujourd’hui – celles du courage, du devoir, du sacrifice – sont les valeurs des militaires. Rendons hommage non seulement à ceux qui sont tombés le 23 octobre 1983 dans le cadre de la Force Multinationale de Sécurité à Beyrouth, mais rappelons-nous également la présence et l’engagement de nos amis américains, italiens et britanniques au sein de cette force de 6,000 hommes qui était alors déployée à Beyrouth. Ces valeurs sont celles aussi de nos soldats qui servent aujourd’hui au sein de la Force des Nations Unies au Liban, la Finul. Ils le font avec dévouement, avec courage et avec un haut sens de la mission. Cette Finul à laquelle sont attachés les Libanais, c’est encore l’expression de l’engagement de la France dans ce pays.

Puisque nous parlons d’engagement, nous devons aussi parler d’amitié, parce que notre engagement ne se justifie ici que par notre amitié au long cours, pour toujours au Liban. On cite souvent le général De Gaulle : « Vers l’Orient compliqué j’allais avec des idées simples », mais on oublie un peu la phrase suivante : « Une partie essentielle s’y jouait, il fallait en être ». Aujourd’hui encore au Liban, au Moyen-Orient, une partie compliquée se joue. Il faut en être et nous en sommes de la meilleure manière possible, au service de la paix et de la sécurité, avec le même souci de travailler avec tous ici au Liban et dans la région, avec tous ceux qui peuvent contribuer à la réalisation de cet objectif qui est important pour les peuples de la région bien sûr, mais aussi pour notre sécurité nationale.

En ce jour de mémoire je voudrais que nous puissions saluer deux militaires qui certainement portent avec nous ce message mieux que d’autres : le colonel Christian Herrou, notre Attaché de Défense à l’Ambassade de France, qui effectue sa deuxième mission au Liban avec la même modestie, le même sens du devoir, la même efficacité que toujours. Je voudrais remercier le colonel Herrou de son engagement pour l’amitié franco-libanaise, pour la sécurité, pour la paix, pour la stabilité dans cette région, et lui dire combien ses services nous sont précieux, c’est ce qui a justifié que nous puissions l’honorer en lui remettant les insignes d’Officier de la Légion d’Honneur.

Je voudrais aussi saluer le général Maroun Hitti, grand officier libanais, grand Libanais, grand ami de la France, qui a au cours d’une longue carrière fait la démonstration de son patriotisme, de son abnégation, de son courage non seulement dans la défense de son pays, mais aussi des causes importantes dans ce pays : la liberté et la sécurité. La liberté c’était le Tribunal spécial pour le Liban. La liberté c’était votre engagement notamment auprès des gardes-frontières et auprès des armées françaises dans la coopération que vous avez menée avec nous et pour tout cela mon général je veux vous dire notre très grande reconnaissance.

Un mot donc pour vous dire à tous et notamment à l’ambassadrice des Etats-Unis, chère Elizabeth, notre honneur de vous recevoir aujourd’hui.

Dernière modification : 27/10/2016

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